Programmation
neuro-linguistique » ? Quel nom bizarre ! Effectivement, la légende
dit que Richard Bandler, co-fondateur de la PNL avec J. Grindler, a crée
ce terme pour impressionner des forces de l’ordre qui s’inquiétaient
de son activité professionnelle. De la même manière
ce terme aurait été gardé, ajouté à
une kyrielle d’autres termes alambiqués pour impressionner des éditeurs
frileux.
Programmation
: tout au long de notre vie, nous programmons des façons d’être,
de penser, de se comporter en fonction de ce nous vivons, rencontrons.
Neuro
: cette capacité de nous programmer repose sur nos capacités
neurologiques. Cerveau, système nerveux nous permettent d’appréhender
le monde extérieur, de percevoir, stocker et organiser l’information
et de mettre en place telle ou telle réponse.
Linguistique
: langage verbal et non-verbal reflètent cette manière
de se représenter et d’appréhender le monde.
La
PNL va se fonder sur ces phénomènes, à travers une
exploration précise des comportements, schémas de pensée
et états internes, une analyse des stratégies mises en place
ou le recadrage du contenu et/ou du sens du vécu, pour aider le
sujet à modifier sa palette de réponses, à évoluer
ou changer sa perception.
Un cerveau pour changer /
R. Bandler / Interéditions 1990
Les secrets de la communication
/ Bandler / Le Jour 1982
Le recadrage - Transformer la
perception de la réalité avec la PNL / Bandler
et Grinder / Interéditions 1982
Transe-Formations - Programmation
neuro-linguistique et tehniques d’hypnose ericksonienne / Bandler et
Grinder / Interéditions
Le temps du changement /
R. Bandler / La tempérance
Peurs, phobies et compulsions
/ R. Bandler / La tempérance
La
PNL a théorisé, modélisé la pratique de différents
thérapeutes, dont Erickson. Elle a mis en place des présupposés
qui définissent assez bien la pratique ericksonienne et l’ »attitude
PNListe », en matière de communication, thérapeutique
ou non :
-
Chaque personne dispose déjà de toutes les ressources dont
elle a besoin.
Issu
d’Erickson, ce présupposé est capital : nous avons tous les
moyens de nous venir en aide. La thérapie est un simple moyen d’y
accéder. Le patient ne le pense pas nécessairement, mais
si le thérapeute n’en est pas convaincu, là il y a une souci.
-
La carte n'est pas le territoire
Notre
représentation du monde n’est qu’une lecture de ce monde. Elle ne
constitue un fait objectif, une réalité. Nos limites sont
dans notre carte du monde, non dans le monde lui-même. Changer ce
rapport au monde dans le cadre thérapeutique, c’est créer
une carte plus adaptée au bien-être.
-
Tout comportement, à son origine, est orienté vers l'adaptation
et contient une intention positive.
Nos
actes constituent toujours un meilleur choix possible. Par voie de conséquence,
l’acte thérapeutique sera notamment d’ouvrir à de nouveaux
choix, d’en élargir l’éventail.
-
Plus une personne dispose de choix, plus elle a de chances de réussir
Développement
du précedent présupposé, plus on diversie ses possibilités
de choix, plus on développe ses capacités d’adaptation, à
soi-même, aux autres et au monde.
-
Il n'y a pas d'échec, il n'y a que du feed-back (retour d’information)
L’échec
n’existe pas en lui-même, puisqu’il constitue un apprentissage, une
prise d’information utiles dans l’optique d’une amélioration ou
‘un changement.
-
Il est impossible de ne pas communiquer
Tout
comportement envoie nécessairement des informations. Tout est signe.
-
Le sens de la communication est donné par la réponse qu'elle
déclenche.
Le
sens de ce qui est émis dépend de ce qui est perçu.
Nous
percevons le monde par nos canaux sensoriels : vue, ouïe, odorat,
toucher, goût
Chacun
a un mode de représentation préférentiel (on ne peut
tout faire en même temps).
Ainsi,
par exemple, se rappelant un épisode de surf sur la côte basque,
certains vont construire la représentation de manière visuelle
(genre carte postale), d’autres de manière auditive (bruit de la
plage, des vagues, du glissement de l’engin sur l’eau…) et d’autres enfin
de manière kinesthésique (sentir la chaleur du soleil, la
fraîcheur de l’air sur le visage, le contact des pieds sur la planche,
la perte d’équilibre…)
Quel
intérêt ?
Pour
le thérapeute, préciser l’orientation du sujet, c’est mettre
en place un système de communication efficace. Si vous dites à
un kinesthésique : « vous voyez (visuel) ce que je suis en
train de dire (auditif), il va répondre « oui », poliment
mais n’aura que peu capté (ou pas du tout). Si vous lui parlez en
termes de sensations, le discours passera, il se l’appropriera.
Pour
un non thérapeute, vous pouvez ici préciser votre domaine
d’élection, comprendre pourquoi vous ne comprenez pas quelque chose
qu’on vous a expliqué cent fois (mais toujours de la manière).
Déterminer
votre canal de perception privilégié, c’est vous donner l’occasion
de convertir, d’adapter toute information pour vous les approprier.
Pour
exemple, parfois un film est désagréable. Et suivant la personne,
si on coupe le son du home cinéma ou on déplace les enceintes
(auditif), on change pour le noir et blanc on passe du 16/9 au 14/8 ou
si on s’installe différemment avec une glace au chocolat (kinesthésique),
la (les) perception(s) changent. Votre manière de percevoir est
importante et fondatrice en elle-même, avant ce que vous percevez
(« peu importe le territoire, l’important est la carte qu’on en fait
»)
Autre
terme barbare (du à Robert Dilts(1)), il s’agit de strates internes
de l’individu construisant son rapport au réel. Les niveaux sont
au nombre de six :
1.
L’environnement : où je suis ? Où, quand, comment ça
se passe ?
L’environnement : nous
sommes en interaction. Il agit sur nous, nous pouvons agir sur lui, le
modifier. L’environnement va être familial, professionnel, social.
L’environnement n’est pas extérieur, nous en faisons partie.
2.
Comportement : ce que je fais.
Quelle
actions, quelles paroles?
Comportement : c’est ce qui nous
permet d’agir sur notre environnement. Manière de se comporter,
de s’exprimer, c’est ainsi que l’autre construit une image de nous.
3.
Capacité : ce que je peux.
Comment
faire ?
Capacités : nous
les employons pour agir sur notre comportement, au moyen de stratégies,
savoir-faire, connaissances innées et acquises.
4.
Croyance : ce que je crois.
Pourquoi
faire cela ?
Croyances, valeurs : ce qui est
important pour moi et ma manière d’interpréter ce qui
se passe.
5. Identité : ce que je suis.
Comment suis-je dans ce que je fais
? Est-ce en accord avec moi-même?Identité personnelle, conscience
de moi-même, du rôle que l’on joue.
6. Appartenance : ce à quoi
j’appartiens.
Avec qui ? Pour qui ? Ce qui donne
un sens à ma vie. Conscience du moi dans un tout (culturel, social,
spirituel…)
Un
dysfonctionnement vient souvent de la confusion de ces différents
niveaux. A noter également qu’un problème à un niveau
se règle généralement au niveau supérieur.
Nous
encodons tous le réel en utilisant les canaux de perception décrits
plus haut. Les submodalités représentent les détails
de cet encodage (comment nos 5 sens ont archivé, stocké une
expérience).
La
première submodalité : Associé / Dissocié (acteur/spectateur).
Cette submodalité est prépondérante. Si on est acteur
d’un souvenir, on le vit de l’intérieur, sans recul : on voit, on
entend, mais aussi on ressent à chaque rappel. Si on est spectateur,
on se représente dans la situation, on peut établir un recul
: on voit, on entend, mais on ne ressent pas. Ceci est important : quand
on est dissocié, on ne ressent pas (kinesthésique : sensations
corporelles…)
D’un
point de vue général, l’intérêt sera d’être
-
Associé au positif
-
Dissocié du négatif
Les
submodalités sont infinies.
Quelques
exemples :
Canal
visuel :
Associé/dissocié
- stable/flottant net/brouillé lumineux/sombre - focalisation/écran
large - image immobile/image en mouvement - grand/petit – proche/lointain
– en trois dimensions/en deux dimensions
Canal
auditif :
Volume
sonore - distribution droite/gauche du son – bruits de fond ou non
– paroles ou non – sons graves/aigus – sons proches/sons lointains
"On
ressent ce que l’on pense ». Il est donc intéressant de se
pencher sur l’encodage du réel vécu, sur les représentations
mentales construites… Car agir sur ces représentations, c’est agir
sur le ressenti du réel, de l’ici et maintenant : développer
le positif, neutraliser ou minorer le négatif, transformer différents
souvenirs, différents états internes…
Ancrage
L’ancrage
est une technique se fondant sur le réflexe pavlovien. Il s’agit
d’associer inconsciemment et automatiquement un état interne à
un stimulus sensoriel extérieur (image, son, geste, contact odeur…).
Notre vie est constituée de succession d’ancrage : voix, situations
… nous rapportent invariablement à des états internes (joie,
tristesse, motivation, conviction…). Lorsque nous établissons ce
lien entre stimulus extérieur et état interne, nous créons
ce qui se nomme un ancrage en programmation neuro-linguistique. Dès
que l’ancre est stimulée, nous retrouvons l’état interne
associé. Les ancres peuvent utiliser un des canaux sensoriels :
telle odeur vous replongera par exemple dans l’émotion des repas
en famille, telle musique douce vous replongera dans les états amoureux
des premiers slow… Le tennisman en serrant le poing lors d’une balle de
match a créé inconsciemment un ancrage positif kinesthésique…
On mettra en évidence deux
types d’ancre :
- Les ancres positives rappellent
des états internes ressources, positifs (concentration, efficacité,
dynamisme, confiance…)
- Les ancres négatives rappellent
des états internes limitants, négatifs (peur, doute, incompréhension…)
Les types d’ancrages :
- Ancrage auditif : choisir par
exemple une expression particulière, un petit groupe de mot, avec
un ton, un tempo ou une hauteur de voix inhabituels.
- Ancrage visuel : choisir par exemple
une image, un geste, un endroit dans l’espace.
- Ancrage kinesthésique :
choisir un contact (main sur l’épaule…)
C’est
en fonction de ce que nous pensons du monde que nous orientons nos choix.
Cette connaissance se construit selon divers processus qui prendront selon
le cas, une forme limitante ou enrichissante. Chacun se construit sa carte
du monde, nous n’agissons pas sur la réalité mais sur la
représentation qu’on en a. Cette nature non-logique et constitutive
de l’ego entraine nécessairement des dysfonctionnements.
1)
Généralisation (mise en place des croyances, des jugements
de valeurs) : c’est le processus qui vise à tirer une leçon
générale d’événements particuliers, premier
filtre entre nous et la réalité. Ainsi, on établit
des croyances, jugements de valeur.
Exemples
:
Les
hommes sont des salauds !
La
vie est dure.
L’homme
est un loup pour l’homme
Construite
sur des événements du passé, la généralisation
permet d’installer une illusion de contrôle, illusion de comprendre
le présent et de prévoir l’avenir. On entrevoit aisément
à la fois son effet rassurant à court terme mais aussi son
effet pernicieux à moyen et long terme.
2)
Sélection omissions et distorsions : Ayant mis en place des
croyances, on sélectionne ce qui vient confirmer le système,
renforcer les croyances. On en vient à distordre l’information
pour qu’elle puisse entrer dans ce cadre de référence.
3)
Filtres
Nous
filtrons donc la réalité, cela plutôt trois fois qu’une
:
-
Filtre neurologique : notre perception de l’extérieur dépend
de notre cerveau, de notre système nerveux, de la perception par
les sens…
-
Filtre culturel, social : nous apprécions la réalité
selon les critères du groupe auquel nous appartenons.
-
Filtre personnel : chaque individu est unique, aura donc une conceptualisation
du réel personnelle en fonction de ses différentes expériences
(éducation, influence familiale, sociale, événements
de vie…)
.Un
des buts en thérapie ou coaching sera donc d’observer la carte
du monde établie par le sujet et de la recadrer de manière
adaptée au bien-être.