Hypnose, coaching et thérapies brèves
Accueil | Hypnose ericksonienne | Thérapies brèves  | Coaching  | Formations  | Auto-traitement  | Contact | LIBRAIRIE
 


Institut Normand de Coaching et de Thérapies brèves - CAEN


Actualité réseau INCTB :

NOUVEAU : Manuel de thérapie brève du trouble panique avec agoraphobie
: complet et efficace. En savoir plus

 Formation de praticien en hypnose ericksonienne et PNL
Sessions complètes à Caen  à partir du 7 juillet 2014. En savoir plus

Formation Thérapie brève des troubles du comportement alimentaire
Sessions complètes à Caen  à partir du 23 mai 2014. En savoir plus

Pack Coaching - Promotion -50%
Gérer le stress -prendre la prole en public - Déterminer et atteindre ses objectifs - Déveloper son charisme
En savoir plus

Consultations Hypnose et thérapies brèves à CAEN... En savoir plus




THERAPIES BREVES

J. Boutillier
Thérapeute et coach
Enseignant à l'Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves


NOTIONS
>>> Introduction

>>> Intention positive
>>> Accéder à la partie
>>> Adaptation et système
>>> Surface et profondeur
>>> Carte du monde et solutions
>>> Problèmes et solutions
>>> Changement, ressources et interférences
>>> L'inconscient
>>> Communication et niveaux
>>> Position et changement
>>> Congruence
>>> Typologie du client

PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE
>>> Définition

>>> PNL et communication efficace
>>> L'individu et sa représentation du monde
>>> Calibrer les états internes
>>> Identifier les filtres de perception
>>> Les submodalités
>>> Modélisation du réel
>>> Bibliographie
THERAPIE STRATEGIQUE
>>> Presentation
>>> Présupposés
>>> Bibliographie

THERAPIE ORIENTEE SOLUTIONS

>>> RELAXATION
>>> Définition
>>> Dialogue tonique
>>> Pratique de la relaxation
>>> Lâcher-prise
>>> Bibliographie

>>> SOPHROLOGIE
>>> Définition
>>> Outil à prendre conscience
>>> Schéma corporel
>>> Principe d'action positive
>>> Réalité objective
>>> Imagination
>>> Respiration
>>> Futurisation
>>> Relaxation et états de conscience
>>> Relaxation dynamique
>>> Respiration et enracinement
>>> Bibliographie



NOTIONS



Introduction

Il existe aujourd’hui plusieurs centaines de psychothérapies différentes. Des pratiques sont réservées à certains professionnels, d’autres sont ouvertes à qui désire s’y former. Cette pluralité est une richesse. Elle permet  chez le thérapeute disponible aux multiples découvertes et expériences l’émergence d’une pratique nommée approche intégrative : des techniques diverses et variées, d’origines multiples, réunies dans une approche globale et cohérente, sorte de « meta thérapie ».

Les thérapies brèves participent de ce phénomène, voyant leurs frontières se perméabiliser. Les clivages originels se gomment peu à peu. Bandler, créateur de la Programmation neuro-linguistique intitule son dernier livre Transe-formations, référence à l’origine ericksonienne de la pratique. O’Hanlon avec Hypnose orientée solutions  établit un pont entre hypnose et thérapie orientée solutions. Les théoriciens de la thérapie stratégique, surnomment leur approche « hypnose sans hypnose » et ont généré l’approche systémique que nous connaissons aujourd’hui. Tout se passe un peu comme si ces thérapies d’influence ericksonienne, après une période d’autonomisation, faisait un retour au source pour s’intégrer dans une démarche globale. Aux frontières de cet univers, on trouve les thérapies psycho-corporelles, mais également les thérapies cognitives et comportementales sortes de cousines plus ou moins éloignées, car alternatives ou bien institutionnelles.

Cette pluralité, intégrée dans une «meta pratique» apporte une richesse d’intervention sans équivalent. Cet ouvrage est là pour en présenter les divers aspects.

J. Guyotat définit ainsi la psychothérapie : «On regroupe sous la dénomination de psychothérapie l’ensemble des moyens psychologiques qui peuvent être mis en œuvre dans un but thérapeutique ». Cette citation précise le cadre d’une thérapie : elle ne constitue pas en une théorie mais plutôt en la mise en place de techniques de changement ou d’évolution. Elle permet en d’autres termes de se donner les moyens du bien-être. Ce sont ces ressources résolument concrètes et pratiques qui sont abordées ici.

Les différentes cibles de la thérapie vont témoigner de la pluralité et du nécessaire statut opérationnel de l’intervention thérapeutique. Ces territoires d’intervention en constante interaction, sont au nombre de 5 :

1.      Système (familial, social)

2.      Cognitions

3.      Sensations

4.      Emotions

5.      Comportements

 La thérapie brève intégrative pourra intervenir de multiples façons sur ces différents territoires :


 

APPROCHES

 

HE

PNL

TOS

TS

TCC

TPC

C
I
B
L
E
S

1. Système

 

 

x

x

 

 

2. Cognitions

 

x

 

 

x

 

3. Sensations

x

x

 

 

x

x

4. Emotions

x

x

 

 

 

x

5. Comportements

 

 

x

x

x

 


HE = hypnose ericksonienne

PNL = programmation neuro-linguistique

TOS = thérapie orientée solutions

TS = thérapie stratégique

TCC = thérapie comportementale et cognitive

TPC = thérapies psycho-corporelles

 

Ces pages vous présentent le cadre théorique et technique d’une thérapie brève intégrative, opérationnelle et efficiente. 


Voici quelques notions préliminaires :

 Intention positive


Le concept d’intention positive est fondamental. Cela peut peut-être surprendre au premier abord lorsqu’il s’agit de difficulté psychologique, mais il n’y a pas de trouble qui n’ait une bonne raison d’être. On boit pour oublier, on est agressif pour se protéger…

Mis en lumière entre autres par Erickson, le principe d’intention positive est énoncé ainsi par les PNListes :

« Tout comportement, à son origine, est orienté vers l'adaptation et contient une intention positive » 

Il s’agit là d’un présupposé, sorte de profession de foi qui va conditionner l’ensemble de la démarche thérapeutique.

Le patient a souvent entendu : « c’est mal de boire », « tu n’as pas honte de déprimer avec la vie que tu as », « c’est ridicule d’avoir peur des souris », « tu as vu comme tu es gros »… Le principe d’intention positive est un élément fondateur qui garantit de ne pas tomber dans ces poncifs et dans les solutions qui correspondent, déjà essayées mais inefficaces (voire accentuant le problème). Ce présupposé constitue un recadrage thérapeutique en lui-même, ouvrant le champ du dialogue et du changement ou de l’évolution, pour le patient comme pour le thérapeute.

Alors pourquoi une intention positive conduit-elle à un trouble ? La raison peut en être par exemple un appauvrissement des ressources. Le trouble est en fait un moindre mal, la moins pire des solutions à disposition : plutôt que de se suicider, on boit (l’intention positive est d’échapper au suicide). L’explication peut résulter également d’une forme de conditionnement anachronique. La solution mise en place a été bonne à un moment donné de la vie du sujet, elle s’est installée, développée et perdure bien que devenue inadaptée au bien-être : une petite fille voit sa maman partir pour quelques jours. Elle est triste. Pour la consoler, la maman lui donne des bonbons. Une fois seule, l’enfant grignote un des bonbons et s’en trouve réconfortée. 20 ans plus tard, l’enfant devenue adulte, évolue dans un cadre de référence, un contexte complètement différents. Régulièrement, lorsqu’elle se sent seule elle fait de l’hyperphagie, mange de manière compulsive et irrationnelle (l’intention positive, se réconforter avec une sucrerie, est toujours présente).

Les motivations internes d’une personne peuvent être décalées, obscures, irrationnelles… Mais les respecter, entendre les intentions permet de mettre en place une recherche de solutions adaptées. 

Alors, peu importe que le présupposé de l’intention positive soit vrai. Tout juste est-il nécessaire qu’il soit vraisemblable. Ce regard nouveau sur la difficulté permet de recadrer l’attitude qui lui est portée, par le thérapeute, le client ou son entourage. L’intention positive suscite le respect et l’attention. Des hypothèses sur l’utilité du symptôme sont formulées, des aspects ou enjeux nouveaux apparaissent. Et ainsi la perspective de nouvelles solutions.

 

Accéder à la partie



L’être humain est comme une boule aux multiples facettes. Chaque facette représente une partie de lui et participe à l’ensemble, en relation avec les autres parties. Ces parties sont des processus psychiques plus ou moins indépendants qui ont leur propre intention, moyens d’action et objectifs.

Ainsi par exemple, un cadre dynamique qui n’arrive pas à concilier travail et famille vit un conflit : conflit entre la partie qui tend vers la réussite personnelle et une autre partie qui désire l’épanouissement de la vie personnelle. Ce sont là deux intentions positives, qui viennent s’entrechoquer pour créer un conflit. Si on met à jour ces deux parties et qu’on leur reconnaît à toutes deux une intention positive, on va assez aisément leur trouver un objectif commun : être bien, réussir sa vie… On peut alors établir une collaboration pour une recherche de solutions, voire une réunion, qui mettent fin au conflit et rendent possible l’évolution du sujet dans sa complète intégrité (professionnelle et personnelle).  

L’intention positive constitue une occasion de rendre accessible des parties du sujet qui ordinairement ne le sont pas. Les proches demandent souvent à la personne souffrant de boulimie : « mais pourquoi tu fais ça ? C’est écœurant ! » Réprimée, la partie se tait. Pour nouer le dialogue, il est nécessaire de la légitimer, voire de lui rendre hommage. Si la partie est acceptée, intégrée, alors un dialogue est possible.

C’est en cela qu’on peut notamment observer l’échec de thérapies comportementales à moyen et long terme, approches pourtant enthousiasmantes au premier abord : désensibiliser un patient à une peur, c’est réprimer l’intention adaptative et interne de cette peur. Si la raison est profonde et justifiée, l’écologie de la personne est mise à mal et le mieux-être, si il y a, n’est que parcellaire et insatisfaisant. En cela, le principe d’intention positive garantit la mise en place de changements et évolutions respectant l’écologie de la personne.

Adaptation et système


Dans le présupposé énoncé plus haut, il est question d’adaptation. Toute manifestation humaine, symptôme y compris est une réponse d’adaptation. Toutes nos réactions, comportements… ont pour but de satisfaire aux exigences du réel qui nous entoure. Si par exemple, je me trouve les cheveux trop long, je mets en place la solution « aller chez le coiffeur » pour que mes cheveux retrouvent une longueur correspondant à mes attentes. Ces critères qui se veulent personnels, dépendent en fait de mon éducation, mes goûts, l’influence familiale, sociale… On définit cet ensemble d’inter-relation par le terme de système (système familial, culturel…).

Toute réaction adaptative est mise en place pour garantir l’équilibre et l’intégrité d’un système. Si je ne vais pas chez le coiffeur on va me le faire remarquer, je ne vais pas me sentir bien, ma femme va me regarder de travers, je n’aurai plus le look qui correspond à ma fonction, je ne ferai plus travailler le coiffeur... Bref, le système sera perverti, mis en danger. En mettant en place un certain type de comportement adaptatif (en me faisant couper les cheveux), je rétablis l’équilibre.

L’idée de système dans l’approche psychologique fait intervenir la complexité : dans les années 40, L. von Bertalanffy, biologiste américain a remis en cause la logique cartésienne en établissant la théorie des systèmes. Cette approche a été adaptée à la psychologie par Bateson et  Watzlawick aux USA, à palo Alto. Au contact également d’Erickson, ils vont travailler sur les psychopathologies et en avoir une lecture au niveau des systèmes familiaux.

Un système est donc un ensemble de personnes en interaction. Ici, 1+1=3 (A+B = A + B + interaction entre A et B).

A partir de ces divers aspects systémiques du symptôme en tant qu’adaptation et de recherche d’équilibre, il convient de se demander pourquoi une difficulté psychologique apparaît mais aussi et surtout comment le système la maintient ? Qu’est-ce qui dans A, B et leur interaction entretient le problème ? On n’est plus dans une structure cause-effet, rassurante mais basique, mais dans un processus circulaire, une boucle : un système s’auto-régule, afin de trouver un point d’équilibre. Le fonctionnement est cybernétique : quand de nouvelles données surviennent, le système reçoit  des informations (feed back) et s’adapte pour trouver un autre point d’équilibre. Le rôle du thérapeute ici est d’établir une phase de déséquilibre momentané en apportant de nouvelles informations pour que le système trouve un autre point d’équilibre, plus adapté au bien-être.

Dans le cadre de l’anorexie par exemple, on observe de jeunes filles qui réussissent le tour de force de garantir un certain équilibre avec un comportement alimentaire : l’anorexie se développant, les parents ne parlent plus de divorce, la maman n’a plus peur de voir grandir sa petite fille (qui pousse le détail jusqu’à l’aménorrhée), le papa est réinvesti… Si d’aventure la jeune fille reprend quelques kilos, les parents recommencent à se disputer, la maman voit sa fille s’autonomiser et se perd, le papa est de nouveau absent ou effacé… Bref, les symptômes entretiennent l’écologie du système familial et la disparition du symptôme le met en péril (c’est là une des raisons de la « résistance »  décrite dans de nombreux ouvrages de psychiatrie, résistance qui n’en est plus une, puisqu’il s’agit d’intégrité et de survie, là aussi intention positive).

On peut dire alors que la personne en souffrance psychologique porte en elle le symptôme nécessaire au système auquel elle appartient.

Dans le cadre de notre exemple, si on envoie les parents en week-end, si on encourage la maman à exister autrement qu’en tant que mère et si on rappelle au papa la loi des 35 heures, le système, ses personnes et leur interaction changent : un autre point d’équilibre est trouvé dans lequel le symptôme n’est plus nécessaire.

 

Surface et profondeur



Le concept d’intention positive est également important à un autre niveau de l’intervention thérapeutique. Considérer une motivation profonde positive d’une part et un symptôme, manifestation négative, d’autre part permet de séparer le comportement dysfonctionnel du sujet, de distancier le comportement de son intériorité.

Le sujet n’est plus celui qui boit, mais celui qui essaie de s’adapter du mieux qu’il peut, en utilisant le comportement « boire de l’alcool ». Les nominalisations du type, « le parano », « l’alcoolique » … réduisent la personne à son symptôme et rendent plus ardu le changement.

 Un des composants de nombreux troubles psychologiques concerne notamment l’envahissement identitaire par le comportement. La distanciation est déjà un outil thérapeutique en soi : un individu n’est pas un comportement, il le génère, et peut donc en changer.

 

 Carte du monde et solutions



Le trouble psychologique part donc d’une bonne intention, le symptôme venant établir un équilibre du système. Mais alors, pourquoi mettre en place de telles solutions ? L’être humain fait comme il peut avec ce qu’il a sous la main. Le problème de la mise en place d’un trouble se trouve dans la pauvreté des solutions mises à disposition (si le fumeur a en lui d’autres moyens de se calmer et de ne pas taper sur son collègue plus adaptés au bien-être, il les utilisera bien volontiers).

Le sujet va puiser ses solutions dans sa carte du réel, ou représentation du monde : chacun construit sa carte de la réalité. Celle-ci détermine le sens attribué au vécu, ainsi que le panel de choix et solutions possibles. Cette notion de carte est issue de la sémantique générale et d’Alfred Korzybsky, son fondateur, qui écrit (1) :

« La carte n’est pas le territoire qu’elle représente » 

Cette citation traduit bien la faculté particulière de chaque être humain de construire une représentation personnelle différente d’une réalité pourtant identique. Si cette carte est pauvre en représentations, le sujet ne va pas pouvoir y puiser de nombreuses solutions. Si un individu présente dans sa représentation du monde la croyance « il faut fuir le danger », il va mettre en place la « solution-fuite » à la « situation-danger ». La personnalité évitante ou phobique sera une réponse d’adaptation, d’équilibre, correspondant à sa carte du réel.

Einstein a écrit : On ne peut pas résoudre un problème avec le même type de pensée que celui qui l'a créé. La mise en place de solutions adaptées au bien-être passe donc par une modification de la carte du monde du sujet. Le techniques thérapeutiques ont entre autres cette vocation : permettre au sujet d’élargir le panel de ces choix, de construire d’autres « meilleures solutions », qui garantissent un nouvel équilibre sans la nécessité du symptôme.

 

Problèmes et solution


On peut à la lumière des paragraphes précédents dégager un point de vue sur la difficulté psychologique qui a le mérite d’être simplissime dans son principe : des solutions qui deviennent des problèmes.

- La première gestation est de l’ordre du jugement : pour s’adapter, la personne met en place une solution (par exemple, manger plus que de raison). Elle (ou son entourage) décide à un moment qu’il s’agit d’un problème. Cette étape est importante, car par définition, c’est en décidant que quelque chose est un problème que ça en devient un (de nombreuses personnes, à un moment ou à un autre de leur vie ont mangé plus que de raison sans décider qu’il s’agisse d’un problème).

- La deuxième gestation est de l’ordre de la prise de décision : à partir du moment ou on a déterminé qu’on avait un problème, il est tout à fait légitime de vouloir mettre en place des solutions. Le trouble va ici se révéler lorsque les solutions mises en place complexifient le problème (par exemple se retenir de manger pour ensuite sombrer dans des compulsions alimentaires plus importantes). Les solutions au problème deviennent elles-mêmes un problème.

On voit ici que l’intention est bonne, mais qu’il y a un brouillage des intentions et effets obtenus. On peut alors se demander si une thérapie pertinente doit se concentrer sur la résolution du problème ou sur la mise en place de solutions.

La scène comporte une institutrice de dernière année de maternelle et un enfant de sa classe :
 
C’est la sortie . Un des enfants lui demande de l’aide pour mettre ses bottes . En effet, elles sont vraiment dures à enfiler . Après avoir poussé, tiré, poussé, tiré les bottes dans tous les sens, elles sont chaussées et le gamin lui annonce alors :
 
- Elles sont à l’envers, maîtresse !

La maîtresse attrape un coup de chaud quand elle s’aperçoit qu’en effet, les bottes sont à l’envers . Elle réussit à garder son calme, enlève les bottes et les rechausse aux bons pieds . Et là, le gamin dit :

-
C’est pas mes bottes !
 
A ce moment, elle fait un gros effort pour ne pas lui mettre une claque . Elle se calme et lui demande :
 
- Mais pourquoi ne l’a tu pas pas dis avant ? Bon, allez, on les enlève...

Elle se remet au travail . L’enfant poursuit :
 
- Ce ne sont pas mes bottes, c’est celles de mon frère ! Maman a dit que je devais les mettre !

Là, elle a vraiment envie de hurler . Elle entreprend de lui re- re- mettre ses bottes. Pour finir, elle le met debout, lui enfile son manteau , son cache-nez et s’exclame :
 
- Mais où sont tes gants ?

Et le gamin répond :

- Je les ai mis dans les bottes !

A première vue, le champ des thérapies brèves peut sembler scindé en deux. D’un côté les thérapies qui se penchent et agissent sur le problème, de l’autre celles qui se penchent sur la solution. L’ « orientation problème » présente un long historique, puisque qu’il correspond à peu de chose près à celui de la médecine. La thérapie traditionnelle a besoin d’émettre un diagnostique, pour déterminer ce qui ne va pas et pouvoir s’attaquer au problème (soigner) afin que le patient en soit libéré (guérir).

Les thérapies brèves « orientées problème » ne s’inscrivent pas dans cette logique. A l’image par exemple de la thérapie stratégique, elles s’intéressent, non pas au problème, mais à sa structure afin… de trouver une solution.

La démarche en thérapie stratégique est décrite ainsi par Fish et Piercy (2) :

 «… fondée sur l’hypothèse théorique que le comportement, qui se manifeste comme partie d’une séquence en cours d’événements interactionnels récursifs, ne peut être compris que dans son contexte. Les symptômes sont enchâssés dans les séquences de l’interaction, et sont développés et entretenus par des solutions inefficaces. Les symptômes ne sont pas problématiques par nature mais plutôt, sont construits de cette manière, en fonction de la réalité créée par la famille. La thérapie vise à changer cette réalité. »

Ainsi même quand les thérapies brèves s’intéressent au problème, c’est en réalité au processus qui mène à la difficulté qu’elles s’intéressent plus qu’au problème lui-même. Erickson disait que le symptôme est comme un manche de casserole : cela permet de prendre la casserole pour goûter ce qu’il y a dedans. Tout juste peut-on donc reconnaître au symptôme une forme utilitaire (qu’Erickson saura d’ailleurs bien négocier).

Les deux orientations n’apparaissent donc pas comme antagonistes mais plutôt comme complémentaires, le principe pouvant être autant de remettre en cause une structure à travers ses dysfonctionnements que de lui proposer un fonctionnement adapté. 



 Changement, ressources et interférences



Le changement ou l’évolution de la carte de la réalité constitue donc une étape nécessaire et utile de la remise en cause d’un trouble psychologique. La base d’un changement ou d’une évolution est relativement élémentaire (3) :

 

La motivation thérapeutique est ainsi : un individu n'est pas satisfait par son état présent, plus ou moins adapté au bien-être. Il désire donc être autrement, évoluer ou  changer. Pour cela il a des ressources, mais il n'y a que peu ou pas accès, car des interférences sont installées entre l'individu et ses ressources. 

Les obstacles peuvent être multiples : 

1) La personne ne sait pas comment créer une représentation du changement ou comment se comporter après le changement. Bref, elle n'a pas le mode d'emploi. 

2) La personne ne se donne pas la possibilité de changer. Elle a les moyens, mais ne se les donne pas, faute de temps par exemple, pensant qu'un changement est long et laborieux...ou à l'inverse (qui revient au même, car dépendant de la même croyance), pensant qu'un changement rapide n'est pas un "vrai" changement. 

3) Une partie de la personne ne veut pas changer, consciemment ou non,immobilisme du à l’intention positive systémique, ou bien aux bénéfices secondaires que génèrent la difficulté..


Le processus de changement va donc consister à préciser l'objectif et à développer et/ou générer les ressources nécessaires pour l'atteindre. Il sera également nécessaire de traiter les interférences. Cette démarche s’inscrit à différents niveaux, conscient mais aussi inconscient.

 

L'inconscient


è Domaines de compétences de l’inconscient 

La condition du changement est donc l’accès à des ressources. La difficulté du changement psychologique réside dans la nature inconsciente de ces ressources. La thérapie en est une clef d’accès.

En évoquant le terme d’ « inconscient », on est loin ici des conceptions freudiennes, faisant de l’inconscience une entité obscure voire menaçante qui joue le plus souvent des tours pendables.

Erickson a introduit une vision bien différente et opératrice de l’inconscient : 

- Le conscient, c’est la conscience du moi ici et maintenant, c’est-à-dire les quelques choses que vous êtes en train de faire, les quelques choses auxquelles vous portez attention. 

- L’inconscient, c’est tout le reste, «ce qui n’est pas encore conscient», conception ericksonienne très large. 95% de notre fonctionnement est inconscient. L’hypnose entre autres thérapeutiques établit un pont vers cette richesse intérieure.

L’hypnose est un pont, un moment privilégié où la partie émergée de l’iceberg, consciente, fait appel à la partie immergée, inconsciente.

Plus précisément, l’inconscient présentera différentes fonctions utiles :

1. Fonction de connaissances : l’inconscient est une gigantesque archive d’apprentissages, de souvenirs, de connaissances... C’est entre autre le siège des expériences de vie, des croyances, des stratégies internes qui vont générer nos émotions et nos comportements (adaptés ou pathologiques).

2. Fonction biologiques : l’inconscient fait fonctionner notre corps, (équilibres naturels, régulations physiologiques autonomes, système immunitaire, …). Il n’y a pas ici de dichotomie psycho-soma :

"L'esprit et le corps représentent deux aspects d'un seul et même système d'information : la vie" (Rossi) 

3. Fonction de protection : l’inconscient est le siège de l’instinct de survie mais aussi de l’intuition par exemple et sait rendre conscient ce qui est nécessaire au sujet (prises de conscience), mettre de côté ce qui pose problème ou est inutile (refoulement, oubli). Il est orienté vers le bien-être et la survie.

 

è Changement et inconscient

Un changement de représentation de la réalité s’établit à un niveau inconscient avant d’être conscientisé de manière plus ou moins parcellaire. Il s’agit d’accéder à des ressources jusque là inconnue et donc inutilisées :

« Vous savez beaucoup plus de choses que vous savez que vous savez. » M.H. Erickson.

Ceci rejoint le présupposé de la programmation neuro-linguistique :

Chaque personne dispose déjà de toutes les ressources dont elle a besoin 

Ces aspects introduisent la nécessité de la variation de l’état de conscience dans la relation thérapeutique. L’état de conscience modifié constituera un moment de choix d’accès aux informations et de travail intérieur d’évolution ou de changement.

è Caractéristiques de l'inconscient

Avant de découvrir les modalités ou techniques de communication avec l’inconscient, il convient de définir les contours et caractéristiques de cette richesse intérieure.

w L’inconscient est hyper-compétent : il est capable de traiter de multiples informations de manière simultanée, cela à une grande vitesse. Les ressources thérapeutiques sont donc puissantes voire illimitées.

w L’inconscient est omniscient : il contient et manie des informations sans que le conscient en soit informé. Le travail thérapeutique peut donc s’installer à différents niveaux, au-delà des capacités conscientes, de manière large et approfondie.

w L’inconscient est personnel : tout ce qui concerne la vie du sujet est stocké, archivé et constitue donc un matériau utile. En mobilisant l’inconscient, on sollicite l’entière intériorité de la personne, dans toute sa richesse d’information et sa profondeur.

w L’inconscient est autonome : il possède ses propres modes de fonctionnements, indépendants des limites de du conscient. Là où le fonctionnement conscient est bloqué ou inefficace, l’inconscient peut mettre en place des processus qui lui sont personnels.

w L’inconscient est constamment présent : le conscient connaît des périodes de veille et de sommeil, l’inconscient a une activité et donc une capacité d’action permanente.

w L’inconscient est créatif : sollicité de manière adaptée, il mobilise des ressources diverses et variées et met en place des solutions insoupçonnées, ignorées consciemment.

w L’inconscient est une gigantesque archive : tout événement, connaissance, expérience, consciemment connus ou non, sont archivés et réutilisables. L’inconscient est grand réservoir d’information.

w L’inconscient a un fonctionnement simple : il est concret, littéral, ne connaît pas l’abstraction, privilégie les fonctionnements élémentaires (survie, facilité…). La communication doit donc s’adapter à ces caractéristiques avec un langage et des techniques pertinentes.

w L’inconscient fonctionne par images : le mode de communication préférentiel se construira donc sur des images, symboles et métaphores.

On le voit,  la communication avec l’inconscient et la mobilisation de ses nombreuses ressources ouvrent considérablement le champ de la démarche de changement ou d’évolution recherchée en thérapie.

 

Communication et niveaux


è On ne peut pas ne pas communiquer (4) : on dit également : « Tout est communication ». Quelque soit son rapport au monde, l’être humain reçoit et envoie des messages, interagit avec le système dans lequel il évolue. Même l’absence de communication est une information relationnelle.

La communication est donc inévitable et à différents niveaux : verbal et non-verbal, conscient et inconscient, personnel et systémique (système familial, culturel, social…). L’intégration de ce présupposé permet de nourrir le développement d’une relation thérapeutique elle aussi multi-niveaux et d’une polyvalence thérapeutique qui viennent répondre à cette pluralité proposée par le client.

 

Congruence


è La Congruence

Le terme de congruence est issu de la démarche de Carl Rogers (5), approche centrée sur la personne (ACP) qui met l'accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et son client (écoute empathique, authenticité, non-jugement…). La congruence, c’est la correspondance entre ce qui est pensé, consciemment vécu et ce qui est exprimé, verbalement mais aussi non-verbalement. En conséquence, si il y a un écart entre ce qui est perçu et ce qui est exprimé, il y aura incongruence, relevée par l’interlocuteur et venant nuire au message transmis en le brouillant ou le pervertissant. Toute communication, pour être efficace doit être congruente. Il convient donc d’étudier en détail les différents éléments de la communication, verbaux et non verbaux et de perfectionner ces outils afin d’établir une relation thérapeutique la plus satisfaisante et efficace possible.


Position et changement



Le modèle de l’école de Palo Alto définit la communication comme un rapport entre des comportements contrastés qui s’ajustent les uns en fonction des autres, sortes de vases communiquants, pour obtenir un équilibre (homéostasie).
 
è  Différents systèmes peuvent s’établir :
 
- Modèle symétrique : la relation est égalitaire (rapport en miroir), comme dans le cas d’un couple d’amoureux oude deux spécialistes d’un domaine donné.
- Modèle complémentaire : la relation comporte une position basse et une position haute qui se complètent et s’auto-alimentent. C’est le cas du processus thérapeutique.
 
è Positions  
 
- La position haute est une situation d’autorité : elle détient le savoir et dirige l’interaction en étant active. C’est par exemple celle du médecin qu’on va voir pour être soigné.
 
- La position basse est à l’opposé la situation d’infériorité : elle ne connaît pas les solutions et subit l’interaction en étant passive. C’est par exemple la position du malade qui s’en remet à la science.
 
Nous l’avons vu, chaque individu possède en lui  les ressources de son changement ou de son évolution. Les solutions sont dans le client. Il importe donc dans l’interaction thérapeutique qu’il soit placé en situation haute, afin d’être actif et de mobiliser ses ressources, seul gage d’une évolution adaptée à son identité.
 
è  Quelques risques de la position haute pour le thérapeute :
 
- Il néglige la recherche d’informations
- Il a l’illusion de contrôler la situation  
- Il désinvestit le client de sa fonction agissante dans la résolution de problème.
- Il rend le client dépendant de ses savoirs et compétences
- Il oublie que le thérapeute soigne mais que c’est le patient qu guérit
- Il court le risque d’être pris en défaut en cas d’insuffisance (théorique ou pratique).
 
“Plus vite le singe monte à l’arbre, plus vite il montre ses fesses”
 
è  Placer le client en position haute permet d’éviter nombre d’écueils :
 
- Le client n’attend pas de solutions externes et va se tourner naturellement vers ses ressources.
- Les solutions mises en place sont celles du patient, non du thérapeute
- Le client est sur le chemin de l’évolution personnelle et de l’autonomie
- Les solutions mises en place seront écologiques, donc stables et durables, car adaptées à la carte du client.
 
 
è  La relation thérapeutique est ici dichotomique :
 
- Position haute « officieuse » du thérapeute dans le choix du cadre relationnel complémentaire et des positions de chacun.
- Position basse stratégique et « officielle » du thérapeute dans le contenu lui-même de l’interaction.




Typologie du client

« Si le commerce était mieux fait, c’est le client qui devrait faire son prix » M. Aymé

Il y a bien des sortes de client. On peut cependant regrouper trois types de démarches assez fréquentes, typologies que De shazer (6)  a définies ainsi : « visiteur », « plaignant » et « acheteur ». Il est à noter qu’un même sujet peut évoluer au fil de la relation d’une position à une autre. Voici un survol introductif de ces différents types qui participent à orienter les premières orientation et stratégies thérapeutiques.

è Le «visiteur» : il est en général venu parce qu’on lui a dit de venir (l’entourage ou le médecin généraliste). Il semble presque parfois qu’il soit entré simplement parce qu’il y a avait de la lumière. Il ne formule aucune plainte (sauf parfois celle d’être obligé d’être là) ou aucune demande particulière. Il n’apparaît pas comme persuadé d’avoir un problème. Il y a de fortes probabilités que la situation s’éclaircisse au fil des rendez-vous, mais pour cela, il est nécessaire que le client revienne. Pour cela, il doit prendre confiance en le thérapeute, en lui-même et en la relation thérapeutique.

Les ressources seront diverses :

w Paraître sympathique et agréable au client. Les éléments de cette connivence seront développés dans la suite de ces pages.

w Etre du côté du client dans la problématique qu’il veut bien énoncer.

w Valoriser le client, à travers des compliments. Il convient en faire même un expert de son problème (officieux). On peut par exemple évoquer le même problème ayant pris beaucoup plus d’ampleur chez d’autres clients et lui demander comment il a fait jusqu’à présent pour que ça ne se développe pas plus, comment il fait quand le problème ne se produit pas, à titre de simple information. Le client prend confiance, devient un expert.

w Etablir un objectif en fonction de ce qui est dit. On travaille ici encore plus en fonction de ce que le client propose. Les points d’approche peuvent être les conséquences du problème sur le client : si la personne se plaint par exemple d’être obligée par sa famille de venir en consultation à cause de son addiction au jeu, l’objectif peut être de ne plus avoir à venir à ce maudit rendez-vous (ce qui passe par remettre en cause la dépendance au jeu). Ici la personne exprime son besoin de guérir, non pour se soustraire à un trouble mais pour se soustraire au traitement, mais le résultat est le même : un objectif est formulé et un accord thérapeutique peut être établi.

w L’hypnose ericksonienne propose des techniques non spécifiques qui peuvent provoquer déjà un début de changement, développant la confiance dans la relation thérapeutique (par exemple, la technique de Rossi, psychologue américain virtuose de ce qu’on pourrait appeler thérapie secrète).


è Le «plaignant» : il exprime une plainte mais difficile à convertir en processus thérapeutique, cela pour plusieurs raisons :

w Le client déclare n’avoir aucun pouvoir ou moyen d’action sur le problème (« je suis comme ça, je ne peux rien y faire »)

w Le client trouve une responsabilité externe au problème (« ce n’est pas de ma faute »)

w La plainte est  floue ou incomplète, se perd dans des méandres multiples et incertains(« Je me sens mal mais je ne sais pourquoi, c’est compliqué… »

Le « plaignant » indique donc selon les cas de  manière directe qu’il ne peut rien à la résolution du problème.

Les stratégies vont être adaptées à cette incompétence affirmée :

w Le « plaignant » est en position basse. Il convient d’être synchronisé, en position basse également. Rassurer ou prendre la position d’expert dévalorise et dépotentialise le client encore plus.

w Le dialogue va viser à créer l’idée de compétence personnelle chez le sujet puis à la renforcer.

Pour cela on servira :

- de tout élément positif dans la vie du sujet, même hors de la problématique.  

- de situation plus ou moins analogue où il a pu mobiliser ses ressources pour mettre en place des solutions.

- d’un questionnement enquêtant ce sur ce que le client a fait pour que le problème ne soit pas plus développé

- des exceptions, moments où le problème ne se produit pas (développé par ailleurs)

- de l’hypnose, utile dans l’abord de ce type de client sur le thème : « vous êtes consciemment incompétent ? Ce n’est pas grave, le travail est inconscient. » (accompagné d’une illustration de ces puissantes capacités inconscientes qui dépassent ce que l’on peut faire consciemment).

è L’ «acheteur» : il a un problème et est volontaire, prêt à faire quelque chose. Tout est plus clair et précis, le sujet est disponible pour expérimenter ce qu’on lui demande de faire. La demande est une recherche de connaissances, de moyens et techniques pour accéder à des solutions.

La démarche est collaborative, ouverte et toutes les techniques abordées dans cet ouvrage peuvent se révéler adaptées. Le thérapeute se gardera de devenir un professeur, conseilleur ou mentor, restant dans sa position basse malgré la disponibilité ou l’enthousiasme du sujet. Le risque systémique dans le cas contraire serait de provoquer un changement de type, l’ « acheteur » devenant « plaignant » voire simple « visiteur ».



(1) Aspect of theory of syntax, 1965

(2) The theory and practice of structural and strategic therapies

(3) Croyance et santé / Dilts/ La méridienne

(4) Présupposé de programmation neuro-linguistique

(5) Le développement de la personne / Dunod

(6) Explorer les solutions en thérapie brève / satas

J. Boutillier

Thérapeute et coach

Enseignant à l'Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves


PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE

Définition



Programmation neuro-linguistique » ? Quel nom bizarre ! Effectivement, la légende dit que Richard Bandler, co-fondateur de la PNL avec J. Grindler, a crée ce terme pour impressionner des forces de l’ordre qui s’inquiétaient de son activité professionnelle. De la même manière ce terme aurait été gardé, ajouté à une kyrielle d’autres termes alambiqués pour impressionner des éditeurs frileux. Au-delà de cette terminologie difficile, la PNL propose une "boite à outil du communicateur" aussi pertinente qu'efficace.

w Programmation : tout au long de notre vie, nous programmons des façons d’être, de penser, de se comporter en fonction de ce nous vivons (expériences), rencontrons (modèles). Chaque action peut être présentée comme un programme (de réussite, d’échec etc…). Ainsi, face à une situation identique, plusieurs personnes vont mettre en place des programmes différents, car personnels. Tout programme peut être décodé pour être ensuite rendu plus performant ou adapté au bien-être, par exemple.
 

w Neuro : cette capacité à mettre en place des programmes personnels repose sur nos capacités neurologiques. Cerveau, système nerveux, sens nous permettent d’appréhender le monde extérieur, de percevoir, stocker et organiser l’information à notre manière et de mettre en place telle ou telle réponse en fonction ce qui se passe autour de nous, ce qu’on appelle fonction associative (association stimulus-réponse).
 

w Linguistique : langage verbal et non-verbal consituent le révélateur essentiel de ces fonctionnements internes. Tout est communication, et produit les informations qui reflètent cette manière personnelle de se représenter et d’appréhender le monde.

Ainsi, chacun construit sa carte de la réalité (schémas de pensée, croyances et états internes, stratégies mentales, système de perception…). Elle détermine le sens attribué au vécu, ainsi que le panel de choix et solutions possibles (comportements). Cette notion de carte est issue de la sémantique générale et d’Alfred Korzybsky son fondateur qui écrit (Aspect of theory of syntax, 1965) :

« La carte n’est pas le territoire qu’elle représente »

La PNL apporte les outils permettant donc de préciser la « carte de la réalité » que l’individu a mise en place et de le rencontrer sur ce territoire personnel.

Une fois identifiés la représentation du monde et les modes de fonctionnement du sujet, on peut installer la relation dans ce monde personnel pour développer une communication épanouie et harmonieuse. On pourra ensuite faire évoluer cette carte personnelle, à des degrés divers et en fonction de l’objectif d’intervention (convaincre, coacher, améliorer le bien-être, changer de fonctionnement…)




PNL et communication efficace 
La PNL s'intéresse aux processus, concrets et opérationnels. Elle permettra entre autres la précision et la pertinence en communication :

w Avoir une stratégie d'objectif : déterminer un objectif et s'orienter vers celui-ci.

w Etre "en tri sur l'autre" : observer l'interlocuteur, l'écouter, s'adapter à lui.

w Créer et entretenir le rapport : installer le cadre et l'espace de la relation, être acteur de la communication.

w S'adapter : privilégier le retour d'information et le traiter en s'adaptant.

w Etre cohérent et pertinent : être en accord avec ses états internes et utiliser un langage de précision.



L'individu et sa représentation du monde


Comme décrit dans ls paragraphes précédents, un changement se traduit par une évolution de la représentation du monde du sujet à travers ses différents filtres personnels. La relation pour être efficiente, doit donc s’installer et évoluer dans cette carte de la réalité personnelle de l’individu. Les solutions mises en place seront alors des solutions personnelles et adaptées à son équilibre.
 
Une des compétences du thérapeute ou du coach sera donc de savoir identifier ce monde personnel, cette carte du réel pour ensuite la faire évoluer en y plaçant les interventions. Différents éléments en thérapie brève aident à cartographier cet univers intérieur d’un individu.
 

Calibrer les états internes


Calibrer, c’est observer de manière précise et approfondie les réactions conscientes et inconscientes produites par le client alors qu’il est en train de vivre un état interne particulier, pour ensuite garder en mémoire cette association (état interne-réactions conscientes et inconscientes).


 

Identifier les filtres de perception

 
Le premier filtre mis en place par l’individu entre lui et la réalité est construit par les sens. Le bébé appréhendra la réalité en fonction de critères sensoriels : chaud/froid, agréable/désagréable. La première étape avant conceptualisation est sensorielle. Nos sens sont constamment mis à contribution. Tout individu connaît cette stimulation sensorielle. C’est l’organisation et le tri des informations qui est personnel à chaque personne : la représentation sensorielle de la réalité. Viendront ensuite conceptualisation, choix, émotions, comportements…
 
1. Canaux sensoriels
 
La réalité « café » sera ressentie de diverses manières : pour un individu, la couleur noire du café, pour un autre la chaleur de la tasse sous les doigts ou le goût du liquide dans la bouche, pour un autre encore le bruit de la cafetière et enfin pour un dernier l’odeur du café.
 
Chacun perçoit la réalité selon un canal sensoriel privilégié. Ses canaux ici seront simplifiés en visuels, auditifs et kinesthésiques. Le canal kinesthésique comprendra dans cet ouvrage les sens du toucher du goût et de l’odorat mais aussi ce qui est lié aux sensations internes, au mouvement et à l’espace.
 
Chacun possède un système de représentation sensoriel dominant, mais cela n’implique pas pour autant que d’autres systèmes n’entreront pas en jeu à un moment ou à un autre.
 
On relève environ dans la population 50% de personnes à dominante visuelle, 30% à dominante auditive, 20% à dominante kinesthésique.
 
 

2. Test de perception sensorielle
 
Laissons-nous aller à un petit test :
 
Répondez de façon spontanée aux questions suivantes en encerclant la lettre correspondante et voyez le résultat dans le corrigé.
 
Source : ID Com International Inc.
 
1. Vous êtes en congé et il pleut :
A- Pour vous, la journée est «perdue»
B- Vous surveillez l'apparition de l'arc-en-ciel
C- Vous aimez l'odeur de l'air et des feuilles mouillées
D- Vous écoutez le bruit de l'eau sur le toit
 
2. Dans un grand magasin, vous êtes agacé par :
A- Les annonces et promotions que l'on fait au micro
B- Le changement de rayon des produits que vous achetez
C- L'absence de vendeur ou de conseillère pour vous guider
D- L'augmentation des prix.
 
3. A la station libre-service :
A- Vous vous fiez au son du dispositif d'arrêt de la pompe;
B- Vous surveillez au cadran la quantité et le prix;
C- Vous profitez de cette pause pour prendre une bouffée d'air;
D- Vous calculez votre consommation depuis le dernier plein.
 
4. En voiture, lorsque vous ne conduisez pas :
A- Vous écoutez la radio;
B- Vous en profitez pour regarder le paysage;
C- Vous êtes relaxe et détendu;
D- Vous avez tendance à conduire à la place du chauffeur.
 
5. Un chien ou un chat réclame vos caresses :
A- Vous ne comprenez pas trop ce qu'il vous veut;
B- Vous le prenez dans vos bras sans aucune gêne;
C- Vous caressez doucement sa fourrure;
D- Vous n'aimez pas trop ce contact.
 
6. Dans une foire, un cirque ou une exposition :
A- Le bruit des machines et des gens vous agresse;
B- La diversité et les couleurs des étalages vous charme;
C- Vous vous mélangez à la foule qui se presse à un kiosque;
D- Vous vous rappelez d'autres événements semblables.
 
7. Dans une salle de danse ou de spectacle :
A- Vous trouvez la musique trop bruyante;
B- Vous observez surtout les effets de l'éclairage;
C- Vous sentez toute de suite s'il y a ou non de l'ambiance;
D- Vous avez pris soin de réserver une table, bien sûr...
 
8. Au restaurant, vous appréciez tout d'abord :
A- L'ambiance créée par la musique;
B- La décoration de la salle à manger;
C- Le confort des chaises;
D- La variété et l'abondance du menu.
 
9. A votre réveil, vous remarquez :
A- La sonnerie de votre réveille-matin;
B- La lumière du jour à travers la fenêtre;
C- Qu'il vous faut quitter la chaleur de votre lit;
D- Vous anticipez ce que vous avez à faire aujourd'hui.
 
10. Dans le métro, le train, l'avion ou l'autobus :
A- Vous écoutez les conversations des gens;
B- Vous observez les autres passagers;
C- Vous trouvez qu'il fait chaud ou froid;
D- Vous êtes plongé dans vos pensées.
 
11. A l'intérieur d'une église, vous êtes frappé :
A- Par la qualité du silence;
B- Par la pénombre et la lueur des cierges et des vitraux;
C- Par l'odeur de la cire ou de l'encens;
D- Par rien de précis.
 
12. Vos voisins reviennent de voyage :
A- Vous pensez au bruit, qui va recommencer;
B- Vous trouvez qu'ils ont l'air reposé;
C- Vous êtes bien content pour eux;
D- Vous songez à vos prochaines vacances.
 
13. Sur la plage, votre attention est captée par :
A- Le bruissement des vagues et les cris des oiseaux;
B- La beauté du paysage et de l'environnement;
C- L'odeur de l'air et des embruns;
D- Vous analysez l'heure et l'à-propos de votre promenade.
 
14. Dans votre bain ou votre douche :
A- En paix, vous y chantez ou écoutez de la musique;
B- Vous rêvassez doucement;
C- Vous aimez la douceur de l'eau chaude sur votre peau;
D- Vous savez exactement pourquoi cela vous détend.
 
15. Vous achetez un vêtement :
A- Parce que sa valeur et son prix vous satisfont;
B- Parce que vous voyez qu'il vous va bien dans la glace;
C- Parce que c'est le plus doux et le plus confortable;
D- Parce qu'il vous paraît éminemment pratique.

 
Additionner :  un point à chaque A, deux à chaque B, trois à chaque C et quatre points à chaque D. 
 
Résultat :
- Moins de 20 points vous êtes auditif. 
- Entre 21 et 35 points: vous êtes visuel. 
- Entre 36 et 45 points vous êtes kinesthésique. 
- Plus de 45 points: vous vous fiez à votre «dialogue intérieur».  Il est possible aussi que vous soyez un auditif ou un visuel qui a développé son côté complémentaire et... qui a tendance à rationaliser.
 

 
3. Identifier le canal dominant de l’autre
 
Différentes informations permettent de déterminer quel canal sensoriel le sujet utilise de manière préférentielle :
 
w Signes non-verbaux : les indices non-verbaux sont nombreux : bien que ces éléments soient schématiques, ils participent à identifier la dominante sensorielle

Visuel

Auditif

Kinesthésique

Posture raide

Voix rapide et haut perchée

Respiration haute, thoracique et rapide

Distance conversationnelle longue

 

Posture confortable

Voix posée et agréable

Respiration moyenne et équilibrée

Distance conversationnelle intermédiaire

Posture décontractée

Voix lente et grave

Respiration abdominale et lente

Distance conversationnelle courte



w Accès visuels : lorsque nous allons « chercher » l’information, l’activité cérébrale provoque des mouvements oculaires involontaires. Selon que cette information sera visuelle, auditive ou kinesthésique, les mouvements des yeux seront différents.
 

Visuel

Auditif

Kinesthésique

Dialogue interne

Yeux en haut, à droite et à gauche ou tout droit

Yeux sur les côtés, au milieu

Yeux vers le bas, spécialement à gauche

Yeux vers le bas, à droite

w Prédicats : lorsque nous nous exprimons, nous sélectionnons inconsciemment un vocabulaire correspondant à notre canal dominant. Ainsi pour dire qu’il est d’accord avec une proposition, un visuel va dire : « je vois ce que tu veux dire », un auditif « J’entends bien », un kinesthésique : « Je sens bien cette solution ».  L’examen des prédicats utilisés est donc un bon outil pour déterminer le canal dominant d’un sujet. 

 
Voici quelques exemples de prédicats visuels, auditifs et kinesthésiques :
 

Visuel

Auditif

Kinesthésique

Je vois

C’est clair

J’imagine que…

Visiblement

Objectif

Montrer

C’est net

C’est flou

Blanc de peur

Vert de rage

J’entends

D’accord

Ca me parle

Dire

Bien entendu

Je m’entends très bien avec…

N’écoutant que…

Ca ne me dit rien

C’est inouï

Je sens

Bien dans ma peau

Choc

Le bon sens

Ca prend corps

Les pieds sur terre

Contact

Ca me touche

Ca me dégoûte


Pour obtenir des informations sur le canal dominant, il suffit de poser quelques questions et d’observer les prédicats utilisés dans la formulation de la réponse.
 
Comment sais-tu cela ?
Un visuel répondra : « Je vois bien que… »
Un auditif répondra « Ca me parle. »
Un kinesthésique « Je l’ai tout de suite senti… »
 
 
4. Les accès oculaires
 
Les accès oculaires et leur observation permettent d’identifier quel type de représentation interne met en place une personne pour traiter l’information (lorsqu’elle se souvient, réfléchit ou s’exprime). L’observation des yeux permet d’avoir des indications en temps réel sur la structure de la représentation, sur ses composants.
 
Les accès à gauche correspondent à la recherche de souvenirs (visuels ou auditifs) ou de sensations kinesthésiques. Par exemple, les mouvements oculaires qui accompagnent la réflexion qui suit cette question : « Où se sont passées vos dernières vacances ? » (recherche de souvenirs visuels ou auditif pour réaccéder à l’expérience et pouvoir donner une réponse).
 
Les accès à droite correspondent à la fabrication d’une représentation visuelle ou auditive ou au dialogue intérieur (la personne entre en conversation avec elle-même). Par exemple, les mouvements oculaires qui accompagnent la réflexion qui suit cette question : « Comment imaginez-vous vos prochaines vacances ? » (fabrication d’une représentation future pour pouvoir répondre à la question).


 

L’intérêt des mouvements oculaires est d’être immédiat et inconscient. Il permet d’accéder au processus interne qui relie à l’expérience et d’en préciser le déroulement, qui n’est connu consciemment que de manière parcellaire.
 
Par exemple :
« - Je l’ai vu en face de moi (yeux en haut à droite) et… je ne sais plus… (yeux en bas à droite qui donne une indication de dialogue intérieur)
-  Que vous êtes-vous dit ? »
 
 
5. Filtres généraux
 
Nous filtrons donc la réalité, cela plutôt trois fois qu’une. Ces filtres généraux et leur utilisation par le sujet déterminent également des particularismes individuels.
 
w Filtre neurologique : notre perception de l’extérieur dépend de notre cerveau, de notre système nerveux, de la perception par les sens…
 
w Filtre culturel, social : nous apprécions la réalité selon les critères du groupe auquel nous appartenons.
 
w Filtre personnel : chaque individu est unique, aura donc une conceptualisation du réel personnelle en fonction de ses différentes expériences (éducation, influence familiale, sociale, événements de vie…).
 


Les submodalités


Nous encodons tous le réel en utilisant les canaux de perception décrits plus haut. Les submodalités représentent les détails de cet encodage (comment nos 5 sens ont archivé, stocké une expérience).
 
1. Première submodalité : Associé / Dissocié
 
Cette submodalité est prépondérante. Si on est acteur d’un souvenir, on le vit de l’intérieur, sans recul : on voit, on entend, mais aussi on ressent à chaque rappel. Si on est spectateur, on se représente dans la situation, on peut établir un recul : on voit, on entend, mais on ne ressent pas. Ceci est important : quand on est dissocié, on ne ressent pas (kinesthésique : sensations corporelles…)
 
D’un point de vue général, l’intérêt sera d’être :
- Associé au positif
- Dissocié du négatif
 
 
2. Quelques exemples de submodalités
 
Les submodalités sont infinies.
 
w Canal visuel :
Associé/dissocié  - stable/flottant  net/brouillé lumineux/sombre - focalisation/écran large -  image immobile/image en mouvement -  grand/petit – proche/lointain – en trois dimensions/en deux dimensions
 
w Canal auditif :
Volume sonore -  distribution droite/gauche du son – bruits de fond ou non – paroles ou non – sons graves/aigus – sons proches/sons lointains
 
w Canal kinesthésique :
Lourd/léger - Chaud/froid - doux/dur – stable/vacillant – consistant/vide - corporalité ressentie, endroits du corps…
 
« On ressent ce que l’on pense ». Il est donc intéressant de se pencher sur l’encodage du réel vécu, sur les représentations mentales construites… Car agir sur ces représentations, c’est agir sur le ressenti du réel, de l’ici et maintenant : développer le positif, neutraliser ou minorer le négatif, transformer différents états internes…

Modélisation du réel (ou modelage universel)


Pour construire notre carte de la réalité, notre modèle du monde, nous sélectionnons des informations. Ce processus de tri nous est propre. Il est sensé nous simplifier la vie, nous permet d’appréhender la complexité de manière supportable. On peut penser la réalité comme une boule de pâte à modeler vierge que chacun façonne à sa manière. Selon les cas et les personnes, l’information va subir différents traitements. Nous en retiendrons trois, essentiels :

- Généralisation : il s’agit d’établir une règle générale à partir d’un ou plusieurs événements particuliers. Ce processus est éminemment utile car à la base de nombreux apprentissages : quand on sait ouvrir une porte, on peut généraliser la compétence à toutes les portes et ainsi se simplifier la vie. Pour donner un autre exemple, l’enfant qui approche de trop prêt un feu de cheminée va lui aussi établir une généralisation utile qui pourra lui resservir : « le feu, ça brûle et c’est dangereux ». La généralisation est un raccourci qui permet de soulager les processus mentaux en élaborant des règles internes de fonctionnement, ce que nous nommerons croyances (cf p.). Notre modèle du monde est ainsi construit à base de nombreuses généralisations successives. A contrario par exemple, le salarié pressé comme un citron par son patron peut en venir rapidement au point de vue « tous les patrons sont des exploiteurs ». Il généralise et s’enferme dans une représentation du monde de l’entreprise limitante. On le voit, la généralisation est un processus de traitement de l’information. Comme tout processus, il n’est ni bon ni mauvais. Tout dépend du contexte et de l’utilisation qui en est faite.

- La distorsion : elle consiste à déformer de manière significative la réalité vécue. L’intuition constitue par exemple en un processus de distorsion. Sans preuve tangible, on en arrive à une conclusion aléatoire. Cela peut donner des conclusions brillantes mais aussi problématiques. Par exemple, le jeune homme qui pense au sujet de sa dulcinée : « elle me prend pour un con », sorte de lecture de pensée.

- L’omission : il s’agit du fait de sélectionner et donc de laisser de côté de nombreuses informations informations. Comme nous l’avons vu, nous baignons dans un flot d’informations. Nous mettons nécessairement en place un tri sélectif.



En cours de rédaction

J. Boutillier

Thérapeute et coach

Enseignant à l'Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves



Bibliographie
Bibliographie idéale :

                                                                 


Un cerveau pour changer
/ R. Bandler /  Interéditions 1990

Les secrets de la communication / Bandler /  Le Jour 1982
Le recadrage - Transformer la perception de la réalité avec la PNL /  Bandler et Grinder / Interéditions 1982
Transe-Formations - Programmation neuro-linguistique et tehniques d’hypnose ericksonienne / Bandler et Grinder / Interéditions
Le temps du changement / R. Bandler / La tempérance 
Peurs, phobies et compulsions / R. Bandler / La tempérance 
Apprendre à apprendre avec la PNL / A. Thiry et Y.  Lellouche / De Boeck Université
Comprendre la PNL / / C. Cudicio / Ed. d'Organisation
Derrière la magie / A. Cayrol  et J.de Saint-Paul / InterÉditions
Croyances et santé / R. Dilts / La méridienne
Maitriser l'art de la PNL / C. Cudicio / Editions d'organisation

THERAPIE STRATEGIQUE


Présentation


Comme l’écrit P. Watzlawick (Stratégie de la thérapie brève / Seuil), l’approche stratégique est « une école de pensée qui étudie « comment » les êtres humains se rapportent à la réalité, ou, mieux, comment chacun de nous entre en relation avec soi-même, avec les autres et avec le monde ».
Nous pouvons reprendre en détail cette définition :

è Le sujet construit « sa réalité » et réagit en fonction de cette lecture personnelle. L’école de Palo alto, pionnière de l’approche stratégique définit deux niveaux de réalité :
- Réalité de premier ordre : il s’agit de la réalité que nous percevons à travers nos sens.
- Réalité de deuxième ordre : il s’agit de la signification que nous attribuons à ces perceptions.
 
è Tout comportement, adapté ou non au bien-être est alors « le produit d’une relation active entre nous-mêmes et ce que nous vivons ». Toute personne vivant des difficultés souffre de sa relation au monde. Le centre de l’attention est alors l’individu en interaction. Une intervention est alors nécessairement systémique.
 
è Autre particularité de l’approche stratégique (et plus généralement des thérapie brèves d’inspiration ericksonienne) : le thérapeute s’intéresse au « comment » plutôt qu’au « pourquoi » (central par exemple en psychanalyse). On s’intéresse ici au processus menant à la problématique (le rapport à la réalité et les tentatives de solutions mises en œuvre), plutôt qu’au contenu (la réalité elle-même).    

Article externe sur la thérapie stratégique - Cliquer ICI


Présupposés


On ne peut pas ne pas communiquer

 

« Tout parle dans l'univers ; il n'est rien qui n'ait son langage. » Jean de La Fontaine

 

On retrouve ce présupposé notamment dans la programmation neuro-linguistique et l’Ecole de Palo Alto. Il est impossible d’adopter un comportement qui n’envoie pas d’information, de manière consciente ou inconsciente. Comme l’écrit P. Watzlawick, « il n’y a pas de « non-comportement » ». Même le mutisme ou l’immobilisme constituent un message. Quand des individus sont en interaction, une communication se construit nécessairement entre eux.

Ce point de vue est novateur, car prenant en compte une communication permanente, prenant en compte les individus mais aussi leurs interactions : chacun organise, recadre, modifie et adapte son comportement en fonction des informations retour qui parviennent. Chaque individu existe donc par lui-même mais également en fonction des relations qui se mettent en place entre lui et les autres. Il ne s’agit plus uniquement d’une psychologie de la personne ou d’un processus de psychologie sociale posant l’unique relation comme objet, mais d’une approche qui se penche sur les individus et leurs interactions. Il y a nécessairement un message, et chaque message est à la fois un message et une réponse à un autre message, cela intentionnellement ou non. On rejoint en cela les concepts de la cybernétique. En conséquence, communiquer, c’est être conscient de que l’autre produit sur soi mais aussi de l’effet qu’on produit sur l’autre en retour : tout est signe, dans une boucle simultanée et ininterrompue.

On pourrait reprendre ainsi ce présupposé : Tout comportement en interaction a valeur de message.

Ce point de vue pose que l’on ne doit pas alors uniquement centrer son attention sur un individu en constante interaction et cela à différents niveaux.


La communication est à dominante non-verbale


L’homme communique donc à tous moments. Il convient également d’ajouter ici qu’il s’agit d’une communication à multi-niveaux car verbale et non verbale. La communication verbale ne représente qu’une faible part des informations que nous émettons. Nos comportements (au sens large) constituent une grande majorité de ce que nous communiquons à l’autre : gestes, mimiques, regard, attitudes, postures, émotions, ton de voix (ce que certains nomment données para-verbales), utilisation générale de notre corps, énergie que nous transmettons etc… sont autant de signes transmis et perçus. En même temps que nous parlons (ou pas), le langage non-verbal est instantanément reçu, traité et interprété, consciemment ou inconsciemment, par l’interlocuteur.

La communication non-verbale est majoritaire et prépondérante dans une interaction (70 % de la communication est non-verbale, selon certaines expériences). Le non-verbal constitue la véritable représentation de l’expérience.

Communiquer révèle alors ici deux enjeux :

- Développer la conscience des messages non-verbaux que l’on produit pour pouvoir ensuite les faire évoluer, les adapter à l’objectif à atteindre.

- Développer sa capacité à appréhender l’expression non-verbale de l’interlocuteur, en terme d’observation et de compréhension.

Article bientôt développé



Bibliographie

Bibliographie idéale sur :


La réalité de la réalité : Confusion, désinformation, communication / P. Watzlawick / Seuil
Le langage du changement  / P. Watzlawick / Seuil
Une logique de la communication P. Watzlawick, J. Beavin et D. Jackson / Seuil
L'invention de la réalité / P. Watzlawick / Seuil
L'art du changement / P. Watzlawick, G. Nardone / L'esprit du temps
Sur l'interaction / P. Watzlawick & J. Weakland / Seuil
Changements : paradoxes et thérapie / P. Watzlawick, J. Weakland, R. Fisch / Seuil
Une logique de la communication / P. Watzlawick, J. H. Beavin, D. Jackson / Seuil
Vers une écologie de l’esprit tome I / G. Bateson / Seuil
Vers une écologie de l’esprit tome II / G. Bateson / Seuil
La nature et la pensée / G. Bateson / Seuil
Communication et société / G. Bateson – J. Ruesch / Seuil
La nouvelle communication / Y. Winkin / Seuil
L'école de Palo Alto / E. Marc – D. Picard / Retz
A la recherche de l'école de Palo-Alto / J.J. Wittezaele – T. Garcia / Seuil




THERAPIE ORIENTEE SOLUTIONS

« Le client construit sa propre solution en se basant sur ses propres ressources et ses propres succes » De Shazer

A l’image de la psychanalyse, la démarche thérapeutique s’inscrivait encore il y a quelques dizaines d’années dans le passé. Le comportementalisme ou la systémique se sont penchés à partir des années 60 sur le présent, l’ "ici et maintenant". La thérapie évolue encore actuellement vers le futur : la question essentielle devient « Comment être bien demain » ? L’influence de M.H. Erickson dans ce domaine est prépondérante : dès les années 60, il suggérait à ses patients d’essayer d’autres stratégies sans s’arrêter nécessairement à analyser la structure ou la construction du problème présent. Il était en cela le précurseur de la thérapie orientée solutions exposée sur cette page.



Orientation solutions

Inspirée des travaux sur la communication de Bateson ou Weakland, de l’approche psychothérapeutique de Milotn Erickson, l’approche orientée solutions est une approche inductive qui s’oriente vers ce qui est utile est générateur de solutions. En d’autres termes, alors que traditionnellement, une démarche de changement se penche sur les problèmes à résoudre, cette approche se centrer sur les solutions à mettre en place : plutôt que « Pourquoi est-ce que ça va mal ? », le questionnement va être : comment faire pour aller mieux ? » 

Une jeune femme célibataire se rend pour la première fois chez un psychiatre. Elle explique son problème :
-  Docteur, à chaque fois que je me couche, j’ai une angoisse terrible. Je suis convaincue qu’il y a quelqu’un sous mon lit... Je suis terrorisée et je n’arrive plus à fermer l’oeil. Je deviens complètement folle. » Dans son fauteuil, le psychiatre la regarde et explique :
- C’est un cas de post-traumatisme assez classique. L’être en question est sans doute l’habitant d’un cauchemar de votre petite enfance. Nous allons entamer une analyse. Vous viendrez me voir chaque semaine pendant les six prochains mois pour une séance d’introspection de 45 minutes. Ce sera 100 Euros la séance ; je vous inscris ?
- Je vais y réfléchir. »
La patiente ne donne plus de nouvelles au psychiatre. Six mois plus tard, le psychiatre la rencontre par hasard au supermarché et lui demande des explications. Elle raconte :
- En rentrant chez moi après notre entretien, j’en ai parlé à mon voisin. Il a tout de suite trouvé une solution.
- Ah bon ? Et quelle est-elle ?
- Il est venu chez moi et il a scié les pieds du lit ! »

 


Perspective des points forts

Saleebey expose avec pertinence le pouvoir donné au client dans ce qu’il nomme la Perspective des points forts :

1. En dépit des difficultés de la vie, toute personne possède des points forts qui peuvent être mobilisés pour améliorer sa vie. Les praticiens doivnt respecter ces points forts et les directions dans lesquelles les clients souhaitent les appliquer.

2. La motivation du client s’accroît si l’accent est mis en permanence sur les points forts qu’il a révélés.

3. La découverte de ces points forts requiert un processus d’exploration conjointe entre clients et professionnels ; même un praticien expert ne sait pas, en fin de compte, ce que les clients ont besoin d’améliorer dans leurs vies.

4. Se centrer sur les points forts détourne les praticiens de la tentation de juger ou de blâmer les clients à propos de leurs difficultés, et les pousse à découvrir comment les clients ont réussi à survivre, même dans les moments les plus difficiles.

5. Tous les environnements, même les plus sombres, contiennent des ressources.

J. Boutillier

Thérapeute et coach

Enseignant à l'Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves

Présupposés de l'orientation solutions

Bill O'Hanlon est un élève d'Erickson ayant axé son approche sur l'orientation solutions. Voici quelques présupposés énoncés dans son ouvrage L'orientation vers les solutions (Satas) accompagnés de commentaires.

è « Les clients ont des ressources et des points forts pour résoudre les problèmes
Souvent les clients, submergés par les difficultés de leur vie, perdent de vue leurs capacités à résoudre les problèmes. Ils peuvent simplement avoir besoin qu'on leur remette en mémoire des outils qu'ils possèdent déjà pour développer des solutions durables et satisfaisantes… dans d’autres cas, on peut les aider à accroître ou à aiguiser certaines de leurs capacités afin de mettre de l’ordre dans leur situation».
 
Erickson disait souvent : « il s’agit simplement de faire quelque chose que vous savez déjà faire ». La thérapie mobilise et/ou développe des ressources propres au sujet, déjà présentes. Pour paraphraser le titre d’un livre de L. Duncan, le client est le héros de la thérapie.
 
 
è "Le changement est permanent
Si vous supposez que le changement est permanent, vous vous comporterez comme si le changement était inévitable. De manière verbale ou non-verbale, vous communiquerez aux clients l'impression qu'il serait étonnant que leur problème puisse persister…Pour nous, l'univers est un monde de changement. Les situations des gens changent en permanence, et c'est le regard qu'ils portent sur les situations qui reste le même quand ils signalent que rien n'a changé."
 
Ceci est une profession de foi que le thérapeute doit avoir assimilée pour qu’elle vienne imprégner l’intervention thérapeutique. Cet aspect oriente entre autre l’attention du thérapeute et du client vers ce qui change. Tout change. Ceci induit que le changement est inévitable et qu’un problème qui persiste n’est plus alors qu’une question de point de vue.
 

è "Le rôle du thérapeute est de repérer et d'amplifier le changement"
"En tant que thérapeutes, il est clair que nous avons un devoir. D'abord, celui d'être clair avec nous-mêmes; et ensuite de rechercher chez les autres tout signe de clarté et de leur en donner acte, et de les renforcer dans tout ce qui est équilibré chez eux." (G. Bateson 1972)
 
La thérapie crée une réalité particulière ou ce qui est efficace est amplifié, ce qui ne l’est pas est laissé de côté comme des solutions inappropriées. Les clients sont installés dans un « encore plus de solutions inefficaces qui accentuent le problème », l’intervention doit les placer dans un « encore plus de solutions efficaces qui produisent des solutions »
 
Erickson disait : « il ne faut pas une très grande brèche pour que toute la structure de la digue en vienne à changer »


è "En général, il n’est pas indispensable d’en savoir beaucoup sur le problème pour le résoudre."
 
Trop d’information peut « tuer l’information » : «nous avons remarqué que les thérapeutes restent souvent bloqués parce qu’ils ont trop d’informations (et non trop peu), ou trop d’informations sur le problème et pas assez sur la solution. »
 
L’approche est orientée vers l’expertise du client dans la résolution de son problème. Si on donne  de l’importance au problème… il prend de l’importance. L’enquête doit être approfondie sur les solutions à mettre en place, disséquer la genèse de la difficulté n’est pas forcément nécessaire.

 
è "Il n’est pas nécessaire de connaître la cause ou la fonction d’un problème pour le résoudre."
 
Le « pourquoi ça va mal » sert peu à la mise en place de « comment faire pour aller bien ». Influence psychanalytique oblige, la culture de la personne et du thérapeute les orientent vers de tels présupposés (trouver la cause) alors qu’on peut tout à fait résoudre un problème sans en identifier la cause. Ce postulat de l’importance de la recherche de la cause est essentiellement sociétal mais n’a que peu de valeur en terme d’efficacité thérapeutique.
 

è "Un petit changement est la seule chose qui soit nécessaire : un changement dans une partie du système peut entraîner des changements dans une autre partie du système."
 
Les personnes sont souvent prises dans un cercle vicieux : un élément en a entraîné un autre, jusqu’à constitution d’un système entier qui dysfonctionne. La résolution du problème peut tout à fait suivre la même structure à travers un cercle vertueux : un changement en entraîne d’autres, fait « boule de neige ».
 
 
è "Les clients définissent les objectifs"
 
Ercikson disait : «Chaque personne est un individu unique. La psychothérapie doit donc s’adapter pour aller à la rencontre de la spécificité de l’individu, et non façonner la personne pour qu’elle s’adapte au lit procustien d’une théorie hypothétique du comportement humain. »
 
Il n’y a tout d’abord pas une manière juste ou valable de vivre sa vie. Ce qu est adapté pour une personne ne le sera pas pour une autre. Seul le client connaît son domaine de définition. De plus, en lui permettant de fixer ses objectifs, on renforce sa position d’expert.
 

è "Il est possible d’obtenir des changements rapides ou de résoudre rapidement des problèmes."
 
Les attentes et croyances du thérapeute conditionnent le résultat de la démarche. La thérapie, influence psychanalytique oblige, présente la réputation d’être longue, tortueuse, difficile… Mais il peut tout à fait en être autrement si le thérapeute et le client co-créent une réalité thérapeutique différente. Il n’y a que peu de rapport entre importance ou intensité d’un problème et vitesse de résolution.
 

è "Il n’y a pas une façon « juste » de voir les choses ; différents points de vue peuvent être aussi valables et s’adapter aussi bien au fait."
 
Toute représentation est valable, ce qui compte est son utilité en fonction de la résolution du problème : l’opinion des gens vis-à-vis de leur problème augmente ou diminue les chances de voir émerger des solutions. Les points de vue qui proposent des solutions sont utiles, les point de vue qui renforcent le problème ou le bloque sont inutiles. Le recadrage de points de vue inutiles est donc un outil puissant de changement.
 

"L’intérêt est porté sur ce qui est réalisable et qui peut être changé, plutôt que sur ce qui est inaccessible et qui ne peut pas être changé."
 
Les objectifs doivent être bien définis et réalisables dans un délai raisonnable. On s’intéresse à ce qui peut être modifié, aux éléments les plus accessibles au changement. On préfère se centrer sur la réalisation d’objectifs modestes, qui auront des répercussions dans les autres domaines de vie. Les grandes conjectures psychologiques ont pour effet, en analysant et étiquetant un problème humain de le cristalliser, de l’augmenter et de le rendre chronique.

Article incomplet, en cours de rédaction


 

Eléments de T.O.S. 

D’inspiration ericksonienne, la thérapie orientée solutions (« T.O.S. ») va répondre à une démarche précise et une orientation intéressante. Il s’agit d’une philosophie particulière et novatrice de l’accompagnement, pétrie de bonnes idées donc chaque coach ou thérapeute pourra extraire l’essence utile. La colonne vertébrale d’une T.O.S. est présentée ici : 

1. Contact : « En quoi puis-je vous être utile ? » 
Comme dans toute démarche de changement, la première étape consiste tout d’abord en l’exposition d’une problématique. La première question, traditionnelle en T.O.S. a toujours sensiblement la même forme : « En quoi puis-je vous être utile ? ». La réponse du sujet va correspondre à un exposé du(des) problème(s). En T.O.S., on écoute avec respect cette plainte, on approfondit si nécessaire pour plus de précision : « En quoi est-ce un problème pour vous ? » Mais déjà, l’idée de transformer la problématique en objectif centré solution est présente. 

2. Elaboration d’objectif : « Qu’est-ce qui sera différent dans votre vie (votre pratique, vos résultats…) quand le problème sera résolu ? »
La détermination d’objectif a déjà été traitée dans les pages de ce site consacrées à l’hypnose ericksonienne. La T.O.S. apportera néanmoins certaines innovations ou techniques : l’accent est porté sur ce qui sera différent quand le problème sera résolu. La technique de la question miracle est abondamment utilisée.

Question miracle
Voici textuellement la question miracle de De Shazer : « Maintenant je voudrai vous poser une question bizarre. Imaginez que pendant que vous dormez la nuit prochaine et que toute la maison est calme, un miracle se produit. Le miracle consiste en ce que le problème qui vous a amené ici est résolu. Cependant, comme vous êtes endomi, vous ne savez pas que le miracle est arrivé. Alors, quand vous vous réveillez demain matin, qu’est-ce qui sera différent qui vous dira qu’un miracle a eu lieu et que le problème qui vous a amené ici est résolu ? » 

Intérêt de la question miracle : 
- On entre en matière, dans la résolution du problème. Le sujet donne les ingrédients, décrit le processus du changement.
- La question ouvre le champ des possibilités. Et l’imagination est le germe du futur.

Autour de la question miracle : 
La projection dans le miracle accompli va permettre d’amplifier certains aspects de la détermination d’objectif :

- « En quoi est-ce important pour vous ? » 
Peu importe que l’objectif soit important pour le thérapeute, il doit l’être par contre pour le client. Cette importance animera la volonté de changer, d’évoluer et de mettre en place de nouvelles solutions.

- « En quoi les choses seront-elles différentes autour de vous ? » 
Un individu se définit entre autres par ses relations. L’aspect systémique est également fondateur du changement ou de l’évolution. Les potentialités, désirs, forces… de l’individu dépendent des pensées à son sujet qu’il peut prêter aux gens qui comptent pour lui. 

- « Dans quelle situation spécifique ce serait différent ? »
Le client peut avoir du mal à envisager un changement complet, mais plutôt une amélioration dans certaines situations plus précises. 

- « Qu’est-ce qui se passera de positif ? »
Le thérapeute doit amener le client a faire une description positive et si possible, au présent : il s’agit non pas de décrire l’absence d’un problème mais d’observer et d’expérimenter même la présence de solutions.

- « Quel sera le premier signe que quelque chose à changé ? »
Le client recherche souvent un résultat final, voire absolu. Il a besoin de prendre conscience des différentes étapes de son évolution. Le questionnement sur la première étape permet de créer une attente concrète, réaliste et d’installer le sujet dans le processus de changement.

- « En quoi cela changera pour vous ? »
Cette question permet de centrer le sujet sur lui-même, de l’installer dans la dynamique du changement. 

- « Concrètement, qu’est-ce qui changera ? »
Les termes du changement décrit doivent correspondre à un objectif correctement défini : concret, réaliste et mesurable.

- « En quoi est-ce un défi pour vous ? »
L’idée de tâche à accomplir, de défi est importante à générer. Ces aspects développent la motivation et l’investissement personnel du sujet. On peut même monter lors de l’entretien au sommet des niveaux logiques (appartenance, mission, ….), aligner toute la personne sur l’objectif (les niveaux logiques sont présentés dans les pages traitant de la PNL).

3. Explorer les exceptions : les moments où ça se passe bien.

Lorsqu’un sujet fait une démarche de thérapie ou de coaching, il est « orienté problème ». Il peut d’ailleurs évoquer longuement ses difficultés, dans les moindres détails : en T.O.S., plus on parle d’un problème, plus le problème grossit. Mais à l’inverse plus on parle de solutions, plus les solutions prennent leur place dans la réalité du sujet. On peut bien entendu à titre d’information recevoir les manifestations négatives de la problématique, mais l’outil essentiel sera constitué par les moments où le problème ne se produit pas : les exceptions. D’après De Shazer, les exceptions sont « ces expériences passées de la vie du client où le problème n’est pas apparu alors qu’on aurait pu s’attendre raisonnablement à ce qu’il surgisse ». il est noter que l’exploration des exceptions peut se faire de manière associée (perceptions du sujet), mais aussi dissociée (perceptions que pourrait avoir un observateur extérieur).

Prendre conscience des exceptions
Pour mettre en valeur et développer les exceptions, il est d’abord nécessaire que le client prenne conscience de ces moments d’exceptions. Le questionnement vise à générer cette prise de conscience.
- En associé : « Est-ce qu’il y a eu des moments où le problème ne s’est pas produit ou était d’une moindre intensité ? »
- En dissocié : « Si je demandais à votre femme s’il y a eu de meilleurs jours, que répondrait-elle ? »

Exceptions délibérées ou aléatoires
Les termes de « délibérées » et « aléatoires » sont issus de la théorisation de De Shazer. 
- Exception délibérée : le sujet peut donner la genèse de l’exception. On pourra enchaîner sur une modélisation  ou une prescription de tâche (« Faire plus de la même chose »).
- Exception aléatoire : le sujet ne peut donner la genèse de l’exception. Il pourra alors lui être demandé d’observer les prochaines exceptions et de noter ce qui se passe.

Demander des précisions
Il s’agit de relever les critères de différence des moments d’exception : « Qu’est-ce qui diffère quand ça ne se produit pas ? » les différences peuvent se faire à différents niveaux : lieu, objets, personnes, temporalité,…

A tout moment de cette démarche, il est important de s’inscrire dans la carte du sujet dont les éléments sont éxposés dans ls pages de ce site traitant de PNL et d’hypnose ericksonienne : canal dominant, métaprogramme, valeurs, croyances… Plus la synchronisation entre thérapeute et client sera développée, plus la relation sera pertinente et les solutions individualisées et efficaces.

4. Feed back et tâches
De Shazer prône une structure tri-partite : compliment, pont et tâches.

- Compliments : le compliment renforce et motive le client. Il valide ce qu’il perçoit et ce qui est important pour lui. Là aussi, avec le compliment, il y a orientation solution. Ils dynamisent et installent l’individu dans son processus de changement : à travers ses points forts et les exceptions, il possède les moyens de son évolution.  En cela, on retrouve le précepte ericksonien ou PNListe qui établit que chaque homme a en lui les ressources de son évolution. 

- Pont : le pont se trouve entre compliment (constat) et tâches (passage à l’action). Le pont effectuera donc une transition entre forces, potentialités et action à travers une évocation de l’objectif.

- Tâches : en T.O.S., des tâches sont prescrites. Ce sont exclusivement des tâches d’observation et des tâches de comportement. Il s’agira donc de recueillir des informations concernant les moments d’exceptions ou de développer les facteurs créant ces exceptions.



THERAPIE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE


Définition

La thérapie cognitive s’installe peu à peu à partir des années 60, avec T. Beck. Travaillant originellement sur la dépression, il relève l’existence de blocages cognitifs au changement : pensées automatiques, dialogue intérieur… Loin de la psychanalyse, ces processus de pensées portent sur des sujets bien « concrets ». A partir de ce constat va se mettre en place un modèle cognitif, adaptable notamment aux troubles anxieux.

L’approche cognitivo-comportementale (pour parler plus simplement, l’analyse des pensées, croyances et des comportements qu’elles provoquent) est un élément essentiel et fondateur de toute démarche thérapeutique. 

Chaque être humain vit des situations. Ces situations sont interprétées par l'intermédiaire de pensées (autoverbalisations) ou d'images mentales (dialogue intérieur). 
De ces pensées, croyances et représentations mentales dépendront l'humeur et le comportement de l’individu. 

Le système cognitivo-comportemental de l'individu pourrait être représenté comme suit : 

Les thérapies cognitives et comportementales étudient ce système, mettent en valeur des disfonctionnement ou distorsions au niveau cognitif (pensées, ...). L'approche cognitive a pour but de  restructurer ces schémas. 
Les différents types de distorsions cognitives, de pensées dysfonctionnelles sont identifiés, définis et expliqués afin de pouvoir ensuite les remettre en cause, les modifier ou les éliminer et permettre ainsi de nouveaux comportements plus adaptés. 


Nous pensons


« Je pense donc je suis »

A tout moment nous pensons. Ce qui est cognitif regroupe les pensées, système de représentation, images mentale que nous mettons en place entre nous et la réalité. Ce système de représentation s’établit en fonction de nombreux filtres, détaillés précédemment. Nous construisons donc notre propre lecture de la réalité.

Ce que nous pensons
« J’en pense plus de bien que de mal », « j’en pense plus de mal que de bien ».

Si on mène  l’enquête, on se rend compte que chaque individu va avoir une lecture personnelle de la réalité, plus ou moins adaptée au bien-être. Schématiquement, cette adaptation va se révéler par la proportion de pensées négatives et positives : 

La restructuration cognitive va donc avoir notamment pour but de rétablir un certain équilibre, diminuer les proportions du négatif, augmenter celles du positif, cela non pas en sombrant dan un positivisme béat mais en observant la réalité le plus objectivement possible. 
 
 


Pensée et émotion


« Nous ressentons ce que nous pensons »
 

C’est là un élément essentiel. Si nous reprenons le schéma précédemment utilisé, il y a un lien à bien intégrer.  Ce n’est pas la réalité que nous ressentons mais ce que nous pensons de la réalité.

On vit une situation, on en pense quelque chose. De ce qui est pensé découleront et dépendront les émotions, comportements.

Il y a quelques années je travaillais avec une jeune phobique sociale. Elle ne voulais plus sortir. Nous découvrîmes qu’elle  avait un grand-père dont le dicton favori était : « l’homme est un loup pour l’homme ». Peu à peu, elle avait intégré ce dicton, le posant comme une vérité absolue. Tout le monde lui reprochait de ne pas vouloir sortie. Je lui dis à l’époque : « Tu as entièrement raison de ne pas sortir. Aller au milieu des loups, moi non plus je ne le ferai pas ». Elle me considéra autrement, et nous avions pu alors commencer à travailler sur cette vision du monde. Etait-ce vrai ? Etait-on tous des loups ? (A la fin je l’accueillais d’ailleurs en hurlant à la mort !). Ayant recadré ce système de pensée, modéré sa croyance, elle a pu ressortir. 

Une croyance n’est pas une vérité, une croyance est une théorie sur la vie énoncée à travers de nombreux filtres, tenue comme vraie, absolue mais non-vérifiée. 

L’ émotion est justifiée, est en cela complètement respectable quelle qu’elle soit, mais la pensée en amont ne l’est pas. En cela, la thérapie cognitive pourrait être appelée la "thérapie du bon sens".

Pensées automatiques


Le cognitivisme est avant tout une science de la pensée. 
On analyse donc ce qui, dans les pensées, modes de pensées, dans les croyances, disfonctionne et génère le mal-être. 
Penser, chez l’être humain se concrétise, schématiquement de deux manières : 

Pensées automatiques 
Ce mode de pensée n’est pas contrôlé ou conscient. 
L’individu est passif. Ses pensées s’imposent à lui-même comme des schémas prédéfinis issus de l’observation (subjective et déformée) par le sujet de lui-même de son environnement et de toutes leurs interactions. 

Ex : « ça n’arrive qu’à moi », «de toute façon je vais me planter », «il ne me supporte pas … » 

Ce mode de pensée est donc automatique, immuable et constant : la pensée contrôle le sujet 
 

Pensées rationnelles
Mode de pensée contrôlé et conscient (autant que cela est possible et envisageable). Il s’agit d’une pensée intentionnelle, plus ponctuelle. 
Face à un événement, on ne réagit pas automatiquement, on ne se laisse pas influencer par un vécu, des interprétations abusives et mécaniques. 
On prend du recul, on recherche une démarche logique et rationnelle : Le sujet contrôle la pensée. 
 

Du choix entre ces deux modes de réponses de la pensée dépend l'équilibre du sujet. 
La démarche cognitive propose de s’interroger sur ces pensées automatiques et leur mise en place, pour, dans un second temps les remplacer par des observations plus rationnelles et conformes à la réalité. Le sujet reprend le contrôle de ses pensées et de leur pertinence. 

Remettre en cause ses a-priori, c’est se permettre de repartir sur de nouvelles bases, de rendre possible le changement, de générer d’autres comportements chez soi et, en interrelation chez les autres. 


Distorsions


Les distorsions de la pensée sont le fruit d’interférences arbitraires du sujet sur ses pensées. 
Ces processus bien entendu, nourrissent et aggravent le mal-être. 

Lectures de pensées : l’individu pense savoir ce que pensent les autres sur lui-même. 
Ex :  « Ils me prennent pour un imbécile » 

Affirmation sans preuve : ce sont la plupart du temps des prédictions aléatoires, à la forme négative. 
Ex :  « De toute façon, on ne va pas y arriver » 

Maximalisation et minimalisation : Tendance à surestimer les échecs, à sous estimer les réussites. 
Ex :  «Là, de toutes façons, c’était trop facile. Tout le monde pouvait le faire. » 

Généralisations abusives 
Ex :  « les hommes sont des... » 

Tout ou rien : 
Ex :  « on existe que quand on gagne» 

Déduction abusive ou sélective : tendance à ne retenir que ce qui  sert l’idée anxiogène, en le sortant de son contexte. 
Ex :  « Il ne m’a pas passé le sel. Tu vois qu’il ne m’aime pas » 

Personnalisation excessive des événements : ramener les événements à soi. 
Ex :  «Tout ce qui arrive est de ma faute» 

Flêche descendante


Intéressante, cette technique montre la tendance du sujet stressé (et anxieux) à choisir l’option la plus défavorable ou pessimiste. Cette démarche cognitive est d’ailleurs tellement développée que l’individu n’envisage plus que cette hypothèse catastrophiste. Il se focalise sur une des facettes de la réalité qui s’offrent à lui. 
 
 

La flèche descendante est une technique de découverte par le sujet de ses schémas cognitifs de fonctionnements. La vision plus globale des hypothèses permet de recadrer le regard qu’il porte sur le monde.


Restructuration

Cet ensemble de techniques va permettre de dévoiler au sujet ses propres processus cognitifs pour pouvoir les remettre en cause, construire une autre représentation de la réalité. En cela, l’approche cognitive est un outil important. Cette « mutation » cognitive, nécessaire, est un élément fondateur du changement en thérapie. 


Thérapie comportementale - Notions

La thérapie comportementale est construite sur le modèle de l’apprentissage, du conditionnement plus particulièrement. Il s’agit de mettre en place un nouvel apprentisage à la place d’un ancien, non-adapté au bien-être.

La plus répandue des techniques, utilisée d’ailleurs dans le traitement comportemental de la boulimie est la désensibilisation systématique : on expose le sujet au stimulus anxiogène afin qu’il s’habitue, apprenne une nouvelle réponse. On demandera par exemple à une personne boulimique de retarder le début d'une crise.

On parle beaucoup des thérapies comportementales, au regard d’un certain succès voire d’une certaine mode. Mais si succès il y a, c’est à la faveur également d’autres facteurs parmi lesquels une restructuration cognitive qui se met en place au fil des expositions. 

Exposition

Quelques règles comportementales sont utiles à connaître : 

1) L’anxiété baisse si on prolonge l’exposition.
L’anxiété monte puis stagne, puis baisse. Il n’y a pas de bénéfice à l’exposition si on quitte la situation pendant la montée (échappement) mais augmentation de l’anxiété relative à la dite situation.. Pour qu’il y ait habituation (diminution et/ou disparition du conditionnement anxiogène), il est nécessaire de quitter la situation quand l’anxiété se réduit et/ou a disparu.

2) Le degré maximal d’anxiété baisse si on répète les expositions.
Si on répète une situation, elle est de moins en moins anxiogène. 

3) La durée de l’anxiété baisse si on répète les expositions.
Si on répète une situation, le degré d’anxiété revient de plus en plus vite à la normale.

L’idéal en thérapie est d’aboutir à des expositions qui n’en soient pas : avoir travaillé en amont avec une telle efficacité, que l’exposition devient naturelle, non-problématique. 

 
 


Bibliographie

Bibliographie idéale sur :


Manuel de thérapie comportementale et cognitive / B. Samuel-Lajeunesse, ... / Dunod
L'entretien en thérapie comportementale et cognitive / C. Mirabel-Sarron, L. Vera / Dunod
Les thérapies comportementales et cognitives / N. Jarousse / Ellébore
Précis de thérapie cognitive / C. Mirabel-Sarron, B. Rivière / Dunod
Les thérapies cognitives / J. Cottraux / Retz
Les thérapies comportementales et cognitives / J. Cottraux / Masson
Thérapie cognitive de la dépression / I.M. Blackburn / Masson
Précis de Thérapie comoportementale et cognitive / G. Mihaescu / Editions Médecine et hygiène
Dictionnaire de psychothérapie cognitive et comportementale / D. Nollet / Ellipses
Les bases de la psychothérapie / O. Chambon, M. Marie-Cardine / Dunod

J. Boutillier

Thérapeute et coach

Enseignant à l'Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves



RELAXATION
 


Définition - La relaxation : recherche d’un état naturel   


Lorsqu’on évoque la relaxation, on pense volontiers à une activité de salon plus ou moins ésotérique, sorte de ramollissement somnolent.   
Il n’en est rien. Etymologiquement «Relaxer» signifie «re-libérer», à l’image du prisonnier qu’on relaxe.   

Il s’agit ici de libérer des ressources et énergies nouvelles, présentes en chacun de nous.   

Le relâchement, tout comme la tension sont des états naturels.   

Chaque fibre musculaire a deux possibilités : se contracter ou se relâcher.   

Culture et société modernes nous apprennent à ne pas se laisser aller. L’éducation  est également un facteur déterminant. L’individu, au fil de son histoire oublie le chemin qui mène au relâchement.   
Pratiquer la relaxation, c’est guider corps et esprit vers la redécouverte de cet état physiologique inscrit dans la mémoire cellulaire.   

Se relaxer n’est donc pas un phénomène artificiel ou extérieur. Il s’agit de retrouver et de libérer des compétences perverties par l’histoire de l’individu : la relaxation existe en nous de manière naturelle, se relaxer, c’est donc aussi progresser dans la connaissance de soi-même.   

Dialogue tonique  


Tonus musculaire   

La physiologie de l’individu présente deux types de muscles :   

- Muscles lisses (ou muscles blancs) : leur contraction est autonome, involontaire ou soumise au système nerveux végétatif.   

- Muscles striés (ou muscles rouges ou muscles squelettiques) : unissant les os, ils permettent la mobilité du sujet. La contraction de ces muscles est volontaire, soumise au contrôle cérébral.   

Ce sont les muscles striés, muscles volontaires, qui nous intéressent ici. Ces muscles sont maintenus dans un état de contraction partiel mais permanent : le tonus musculaire, qui permet par exemple de maintenir le corps dans une situation donnée. Ce seuil minimal de contraction est bien entendu variable selon l’individu.   
  

Régulation   
Les chocs, émotions agissent sur la fonction tonique du muscle, d’où l’importance de l’apprentissage de sa régulation en relaxation. Selon ses capacités, le sujet répondra de deux manières à une agression :   

- Dérèglement du tonus musculaire : agressé, le sujet se contracte exagérément. Cette dépense d’énergie ne lui permet pas d’agir correctement pour résoudre le problème. D’autres sollicitations surgissent. N’ayant pas retrouvé tout son tonus musculaire, cette nouvelle agression est encore plus mal vécue que la précédente… La tension devient chronique.   

 - Régulation du tonus musculaire : le tonus musculaire est plus bas. L’agression ne crée pas ou pu de tensions. Le sujet peut réagir, avoir accès à ses ressources puis retrouver rapidement et aisément son état de départ.   
  

Fonction et dialogue tonique   
La fonction tonique est au centre de la vie de chaque individu.  Dans sa relation avec lui-même, mais aussi avec son environnement.   

Dans ce cadre, la relation à soi et au monde dépend essentiellement du dialogue tonique que l’individu peut mettre en place. Répondre aux demandes de manière sereine, dans un corps libre et épanoui, établir une relation non-tensionnelle.   

Ce dialogue est  autant physiologique que psychologique. C’est d’ailleurs là une de ses spécificités. Réconciliant intellect et corporalité, il apporte à l’individu une juste et libre appréciation de la vie en relation. La maîtrise de ce dialogue est le but de la relaxation.   

Pratique de la relaxation  

Enseignement   
La relaxation est un enseignement qui tend à l’autonomie du sujet à son développement personnel. Elle nécessite donc une disponibilité minimale, autant intellectuelle que temporelle. Une acceptation, une prise en compte des enjeux, un engagement.   
Le sophrologue ou relaxologue est un pédagogue. Il apporte les outils, techniques, connaissances, un savoir-faire qui manquent au sujet pour accéder à son projet : se retrouver pleinement.   
   

Attention   
Lors d’une séance de relaxation, on recherche un état conscient de détente psycho-corporelle. Qui dit conscience dit attention et maîtrise en dehors de toute pensée ou crispation parasites.   
Le but d’un apprentissage de la relaxation dans le cadre de la gestion du stress est de mettre en situation les connaissances acquises. Une attitude concentrative est donc nécessaire : le sujet parvient à de nouvelles sensations, perceptions et connaissances, les conscientise pour les utiliser ensuite de manière judicieuse et efficace.   
  

Le lâcher-prise  


Il s’agit certainement d’une des notions les plus importantes du développement de l’individu et de l’abord de ses dysfonctionnements.   

Le lâcher prise est généralement perçu comment un renoncement, une non-activité : on s’abandonne. Il s’agit au contraire d’un élément opérateur par excellence : il sous-tend une disposition mentale nouvelle, génératrice de progrès.   

Hors des stimulations externes, des divers déterminismes, on peut intérioriser une démarche, se concentrer sur soi, sur sa propre réalité agissante. L’efficacité de l’individu dans un processus thérapeutique de changement passe nécessairement par sa capacité à lâcher-prise.   
  




Bibliographie Relaxation
Bibliographie idéale sur :

La relaxation / Jean-G. Lemaire / Payot
La relaxation  - Actualité et innovation vol.1 / Jean Marvaud / L'Esprit du temps
La relaxation - Actualité et innovation vol.2 / Jean Marvaud / L'Esprit du temps

Psychothérapie de la relaxation
/ S. Cady / dunod


Détente et mouvement en psychothérapie 
/ E. Baron - C. Benoit / ESF


La Relaxation active
/ M. MARTENOT / Le courrier du livre


Le Training autogène
/ D. Langen / Vigot


Manuel pratique du Training autogène
/ J.H. Schultz / Puf 
Le Training autogène / C. Brand-Hetzel / Marabout
La relaxation au quotidien / G. Manent / Le souffle d'or
La relaxation au quotidien / G. Manent / Le souffle d'or
La relaxation active à l'école et à la maison / S. Boski / Retz
Des jeux pour détendre et relaxer les enfants / D. Chauvel - C. Noret / Retz
L'enfant et la relaxation / G. Manent / Le souffle d'or
La relaxation thérapeutique et l'enfant / J. Bergès - M. Bounes / Masson
Comment relaxer vos enfants / Y; Davrou / Retz
Relaxation et détente des enfants / P. Barraqué / Jouvence





SOPHROLOGIE

Définition  

 
Étymologiquement, la sophrologie est l"Etude de la conscience en harmonie". Il est question plus clairement de développer la conscience humaine.   

 La sophrologie est une méthode d’étude et de développement de la conscience, la conscience étant ici la « connaissance immédiate que chacun possède de son existence, de ses actes et du monde extérieur ».   

En élargissant la perception par l'individu des éléments physiques et psychologiques qui le définissent, le sophrologue favorise l'expression de tout son potentiel, permet d'harmoniser l'être avec son existence, d'épanouir sa personnalité dans sa globalité et de contrôler la régulation de son fonctionnement corporel et psychique.   

Il est question  d’épanouissement personnel, d’équilibre, de connaissance et de maîtrise de soi : en développant toutes ses potentialités, l’individu élargit son champ de conscience, c’est à dire la manière de s’appréhender et d’appréhender le monde.   
Il s'agit donc de développement personnel, d'un outil existentiel à but pédagogique, thérapeutique ou prophylactique.  
  


Outil à prendre conscience  

 
Sophrologie signifie éthymologiquement l'étude de la conscience en harmonie   

Il s’agit d’une méthode d’étude et de développement de la conscience, la conscience étant ici la « connaissance immédiate que chacun possède de son existence, de ses actes et du monde extérieur ».   

En empruntant à Mr Vittoz les principes de sa rééducation psychosensorielle, l’homme a deux facultés : émettre et recevoir :   
- la pensée émet.   
- la conscience reçoit, sous la forme d’images psycho-sensorielle.   

En sophrologie, le sujet développe sa réceptivité, élargit son champ de conscience, c’est à dire la manière de s’appréhender, d’appréhender les autres et d’appréhender le monde.   

La pratique sophrologique constitue donc un outil à prendre conscience. Elle rejoint en cela les idées phénoménologiques. Loin de toute démarche analytique, on porte son attention sur des phénomènes, vécus et intégrés.   

Le bébé n’a un rapport avec ce qui l’entoure que sous la forme d’images sensorielles (chaud / froid, agréable/désagréable, …). Ce n’est qu’avec la conceptualisation par le langage qu’il quitte la sensation « pure » et commence à émettre et à prendre sa réelle dimension cognitive. Les pensées, schémas de représentations, images mentales, façonnées par l’individu en inter-relation avec le milieu dans lequel il évolue proposent alors une vision du monde déformée, réductrice voire dysfonctionnelle.   

La sophrologie permet un juste retour au phénomène, à la sensation. Libéré de tout déterminisme, le sujet peut être en contact avec lui même, développer ses potentiels, se connaître mieux, élargir un champ de conscience jusque là entravé et réduit.   

Si l’on considère la sophrologie comme un « outil à prendre conscience », plus qu’une discipline isolée, il s’agit plutôt d’un moyen efficace d’exponentialiser, de développer toute démarche, pédagogique, thérapeutique ou prophylactique et ainsi d’en accroître les effets.  
  

 

Le schéma corporel  

Les difficultés que vit  un individu  trouvent nécessairement  leurs racines  dans une disharmonie :   

    - Disharmonie entre l'individu et lui-même : "je suis moche"   
    - Disharmonie entre l'individu et les autres : "On se fiche de moi"   
    - Disharmonie entre l'individu et le monde : "Tout est contre moi"
L'individu est sans conteste le dénominateur commun de ces discordances, l'élément fondateur de la problématique humaine. Avant toute chose, il semble  donc logique et incontournable de se pencher sur l'individu, à travers  son témoin le plus crédible : la corporalité.   

La sophrologie permet à l'individu de prendre conscience de sa réalité physique, sans interférences des déterminismes sociaux, familiaux ou psychologiques.   

La prise de conscience en tant que réalité vécue de son schéma corporel est le chemin aussi sur qu'incontournable de la révélation d'un individu à lui-même. Le corps et le monde des sensations sont les témoins indiscutable d'une rencontre authentique.  
  

Principe d'action positive  


Définition   

N'importe quelle action, sensation  positives, vécues par l'être humain sous quelque apparence que ce soit, a des conséquences positives sur l'ensemble de sa conscience.   
  

Pourquoi le positif?   

L'homme moderne, malade ou non, n'enregistre le plus souvent dans la vie que des faits négatifs. Le corps n'est envisagé que dans la douleur. Les pensées ou les images mentales sont négatives. Ce phénomène entraîne nécessairement un climat psychologique néfaste.   

Les expériences positives enracinent et justifient l'individu. Il ne s'agit pas de tomber dans un optimisme béat, mais plutôt de redonner au positif sa fonction constructrice.   

En sophrologie, on ne considère plus le passé comme une succession de catastrophes, mais on considère les périodes, actions ou sensations de bonheur passées, en partie oubliées. On les vit, corporellement, mentalement. On réhabilite le corps, la fonction sentiment, et cela de manière positive.   

Ce vécu positif rappelé à la conscience permet d'élargir son champ d'expression, de soulager les difficultés vécues "ici et maintenant" et d'envisager l'avenir de manière plus ouverte. Toute construction se fait sur des sensations positives.   
  

Réalité objective  

La démarche sophrologique s’inscrit dans le réel. Il ne s’agit nullement de se couper du réel mais de s’y adapter, de, développer des ressources adaptées à l’environnement, aux situations.  

  

L'imagination  

Définition   
"C'est la capacité de se représenter des objets, phénomènes ou événements absents"  
 

  

Réhabilitation   
L’imagination est prépondérante dans l’évolution de l’individu.  Elle ouvre le chemin de voies nouvelles.   
L'imagination, la visualisation d’un projet représentent le premier pas, essentiel, de sa réalisation.   

La recherche d’une évolution, d’un état, de sensations en sophrologie passe donc par une réhabilitation de l’imaginaire et par son utilisation en tant qu'outil de développement personnel, d'évolution ou de changement.  
  

La respiration  


Respiration - Emotion   
La respiration est la seule fonction vitale dépendante du système neuro-végétatif que l’homme puisse maîtriser. Participant à la régulation du système nerveux, de la circulation sanguine, la fonction respiratoire est bien entendu capitale d’un point de vue physiologique.   

D’un point de vue psychologique, la relation entre respiration et état émotionnel n’est plus à prouver. Mais, dans le cadre de la gestion émotionnelle, l’important est de constater que cette relation est bilatérale :   

La vie psychique influe sur la respiration.   
La respiration influe sur la vie psychique.   
   

Fonction respiratoire   
   
Pour respirer, il faut des muscles. Le diaphragme est le muscle le plus important de la fonction respiratoire.   
Dans une respiration libérée, le diaphragme s’abaisse à l’inspiration et monte à l’expiration.   
Il assure une respiration ample et abdominale.   

Dans les respirations superficielles, irrégulières, arythmiques, le diaphragme est souvent bloqué. Des tensions musculaires contrarient la liberté du souffle, ce qui impose à l’individu un surcroît d’effort.   

En lui redonnant sa mobilité, on accroît la ventilation pulmonaire, on masse le plexus solaire, on tonifie la région abdominale.   
  

La vie respiratoire   

La respiration abdominale est celle du bébé et du jeune enfant avant apprentissage, celle des dormeurs profonds et des animaux.   

L'éducation ("Tiens-toi droit!", "rentre ton ventre"), la vie sociale modifient la respiration naturelle et profonde : elle devient thoracique et superficielle.   

Une respiration libre, calme et diaphragmatique assure un meilleur équilibre émotionnel.   
Complète, elle procure une relaxation profonde et tonifie l’organisme.   

En respirant amplement, on détend les muscles intercostaux et on libère la cage thoracique, crispations souvent liées à la peur, la timidité, la rigidité morale, …   

Une respiration complète, équilibrée et stable (enracinement), permet la prise de conscience de l’individu dans sa globalité.   
  

Futurisation  


Acceptation progressive   
Il s’agit de vivre, en état de relaxation et par l’intermédiaire de l’imagination, une situation, un événement à venir sous un angle positif.   
Se projeter confiant et maître de soi, très concrètement, dans un événement qui habituellement pose problème libère de nouveaux axes du possible. L’horizon de l’individu s’élargit, il s’en imprègne : « cela peut bien se passer ».   
   
Correction sérielle   
Toujours en état de relaxation, le sujet fait alterner images négatives, stressantes et image de bien-être jusqu’à ce que les situations anxiogènes soient vécues sereinement.   
L’individu, peu à peu s’éloigne de son angoisse, se détend, vit calmement les images habituellement perturbantes. Il s’en rend compte, en éprouve plaisir et satisfaction. Là encore, le champ du possible s’élargit.   
Encore une fois imagination et positif ne sont pas de vains outils. L’une sert à conceptualiser, ouvrir le champ du réalisable, l’autre à construire le projet ainsi défini.   
  

 
Relaxation et états de conscience  

Etat Alpha   

Si vous avez déjà expérimenté une relaxation, vous avez déjà expérimenté l’état alpha. Il s'agit de l'état de relaxation, de "bord du sommeil". Cette dénomination fait référence aux ondes cérébrales émises en état de relaxation. Aperçu général :   

Ondes bêta : ce sont les ondes émises lors de l’éveil, de toute activité. Elles sont de faibles amplitude et rapides : 14 à 20 cycles/secondes. La panique peut par exemple faire accélérer ses ondes jusqu’à 50 cycles/seconde.   

Ondes Alpha : ce sont les ondes émises par le cerveau lors e l’endormissement ou de l’éveil. etat de bord du sommeil que l’on retrouve dans une séance de relaxation. Le relâchement musculaire entraîne le lâcher prise mental que le relevé de ces ondes manifestent : 7 à 14 cycles/seconde)   

Ondes thêta : c’est la phase de sommeil léger : 4 à 7 cycles par seconde   

Ondes delta : elles correspondent au sommeil profond et en ralentissant encore au coma : 1 à 4 cycles/seconde.   
   
Etat de relaxation et états de conscience   
L’état de détente, de relaxation recherché en sophrologie est un état naturel. Ce point est important tant il paraît anormal dans nos société de se laisser aller.   
Comme nous l’avons vu, c’est d’ailleurs un état que nous traversons tous au moins deux fois dans la journée :   

- lorsque nous nous réveillons.   

- lorsque nous sommes sur le point de nous endormir. Cet état (sophronique pour les sophrologues) est notamment appelé « du bord du sommeil ».   
   
Le but en sophrologie est de développer les potentialités de l’individu, avec comme révélateur son degré de développement de conscience (de lui-même, de ses actes, des autres, …). Cette conscience est hyper-disponible en état de relaxation.   

D’un état pathologique, le sujet évolue vers un état normal (ou non pathologique). Mais l’évolution ne s’arrête pas là. L’état de conscience sophronique est recherché, sorte d’hyper-conscience, vigilante, libérée de toute pensée et crispation parasites et donc prête à accueillir pleinement toute sollicitation ou remise en cause.   

Cet état de bien-être (au sens propre), agréable par lui-même, est avant tout un outil d’évolution et de changement. Il a de multiples intérêts. En état de relaxation (niveau sophroliminal) :   

- La détente psycho-corporelle apporte un bien-être immédiat.   
- Les capacités de mémoire et de concentration sont accentuées.   
- La capacité à former des images est plus importante (imagination)   
- Les sensations vécues vont être intégrées sans effort, naturellement.   
- Le lâcher-prise est permis, le champ du possible s’ouvre.   

   

Relaxation dynamique  

La relaxation dynamique pratiquée en sophrologie est adaptée au réel, à l’homme moderne. Quittant la dimension statique de nombreuses méthodes de relaxation, il s’agit, en état de relaxation, d’activer la prise de conscience par l’individu de sa réelle dimension.   

L’individu est tout d’abord guidé dans un enchaînement d’exercices qui révèle le sujet à lui-même, par l’expérience vécue et intégrée de sa corporalité.   

De nombreuses disciplines témoignent de zone-types de blocages (chakras, centres energétiques…). Il ne s’agit pas ici d’analyser, mais de vivre pleinement cette dimension corporelle en ouvrant la conscience à ces zones privilégiées.   

La relaxation dynamique, à travers des tensions douces, alternance de mouvement et de repos est un « outil » à prendre conscience : instrument de conquête par l’homme de sa corporalité, de sa prise de conscience d’un schéma corporel toujours évolutif.   

Les mouvements s’effectuent essentiellement en rétention : inspiration – rétention / mouvement – expiration.   

Puisqu’il s’agit de s’ouvrir aux phénomènes, les pauses d’intégration suivant le mouvement constituent l’étape la plus importante. On a pris conscience, on intègre ces sensations ici et maintenant sans a priori ou interprétation.  
  

Respiration et enracinement  

 
Se relaxer debout est une chose étrange, mais essentielle car adaptée au réel. Quand il y a difficulté, tension, mal-être, c’est en relation avec soi, les autres ou le monde. La position première est alors la station debout. Difficile position, lieu d’un dilemme entre exigences extérieures et ressentis intérieurs : être présent à soi et au monde. Position juste que l’enfant possède, installé dans son centre de gravité mais pervertie par les enjeux de nos exigences, celles des autres ou du monde qui nous entoure.   

Ainsi déséquilibré, la confiance ne vient plus pour l’homme de ce qu’il est, corporellement et réellement, mais de ce qu’il pense, de ce qu’il sait ou de ce qu’il est pour les autres. Déséquilibre provoquant tensions, insécurité, rapports conflictuels, …   

Se recentrer, c’est se retrouver pleinement : homme debout, responsable, libéré, en pleine confiance, installé autant en lui-même que dans le monde qui l’entoure, ressentant un juste équilibre entre être et paraître, entre présence à soi et au monde.   

Le hara : il s’agit du centre de gravité originel, expérimenté par l’enfant qui se tient debout, le bas-ventre. Naturel, ce centre a été expérimenté et vécu par tous. Là encore, il ne s’agit pas d’une construction de l’esprit ou d’une démarche artificielle mais d’un retour au source.   
Retrouver ce hara, l’intégrer, le faire sien, c’est se donner une base de lancement, un lieu essentiel d’épanouissement de l’être tout entier, une assise franche et solide au devenir de l’être.   
   
   
 Illustration : Centre de gravité bas, respiration ventrale, jambes légèrement pliées ne gardant que les tensions nécessaires, pieds bien en appui sur le sol, assise du bassin.  
   

Bibliographie Sophrologie 
Bibliographie idéale sur :

Sophrologie - Fondement et méthodologie / Dr P-A Chéné / Ellébore

Manuel de Sophrologie pédagogique et thérapeutique / B. Etchelecou / Maloine

Sophrologie - Champs d'application / Dr P-A Chéné / Ellébore

La sophrologie - Chemin vers la conscience
/ J-Y PECOLLO / Editions du Rocher


La sophrologie au Quotidien
/ J-Y PECOLLO / Editions du Rocher


Respirez la vie avec la Sophrologie
/ G. Manet / érès
Transformez votre vie par la Sophrologie / T. Loussouarn / Dangles
Tout savoir sur la sophrologie / R. Abrezol / Editions Randin
Sophrologie pratique / A. Daprey / Guy Trédaniel Editeur
La nouvelle Sophrologie - Guide pratique pour tous / Claude Imbert / Editions visualisation holistique - Paris
La sagesse du corps / Dr B. Fintz / Editions Randin
Le schéma corporel en Sophrologie et ses applications thérapeutiques / M. Declerck / L'Harmattan
Force vitale / P. Vern / La méridienne - Desclée de Brower
L'enfant et la Sophrologie / M. Gilet / La Méridienne
Sophrologie & Enchantements / M-S. Robert-Dantec / Beltan
La Sophrologie / Luc Audoin / Les Essentiels Milan
Former avec la sophrologie / B. Blanc / Chronique sociale
L'énergie et le dynamisme grâce à la sophrologie / Martine Gay / Editions de Vecchi


J. Boutillier
Thérapeute et coach
Enseignant à l'Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves

Actualité réseau INCTB :

Application de l'hypnose et des thérapies brèves : PSYCHO-DOC.NET : VISITER LE SITE

NOUVEAU : Manuel de thérapie brève du trouble panique avec agoraphobie
: complet et efficace. En savoir plus

 Formation de praticien en hypnose ericksonienne et PNL
Sessions complètes à Caen  à partir du 7 juillet 2014. En savoir plus

Formation Thérapie brève des troubles du comportement alimentaire
Sessions complètes à Caen  à partir du 23 mai 2014. En savoir plus

Pack Coaching - Promotion -50%
Gérer le stress -prendre la prole en public - Déterminer et atteindre ses objectifs - Déveloper son charisme
En savoir plus


Consultations Hypnose et thérapies brèves à CAEN

En savoir plus


Article en cours de rédaction

ARTICLE EN COURS DE REDACTION

Copyright © j.boutillier


Accueil | Hypnose ericksonienne | Thér brève  | Coaching  | Formations  | Auto-traitement  |contact